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Fracture numérique : seulement 14% de la population rurale connectée à internet

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Une étude nationale sur les compétences financières et numériques, menée par le Fonds d’équipement des Nations unies (FENU), révèle l’ampleur du fossé technologique entre les zones urbaines et rurales du pays. Si la jeunesse tire son épingle du jeu, l’arrière-pays reste le parent pauvre de la connectivité.

Le diagnostic est sans appel. Présentée ce lundi dans la capitale gabonaise, l’enquête réalisée entre juillet et août 2025 auprès de 1 601 répondants dresse le portrait d’un Gabon à deux vitesses. D’un côté, une population urbaine (86 % des sondés) hyper-connectée, habituée aux transactions en ligne et aux services financiers dématérialisés. De l’autre, des zones rurales qui cumulent les handicaps.

Un isolement rural persistant

Le milieu rural, qui ne représente que 14 % de l’échantillon, subit une précarité numérique structurelle. Si l’usage du téléphone mobile semble généralisé, soit 83 % au niveau national, l’accès aux terminaux plus avancés s’effondre hors des villes : seuls 10 % des ruraux possèdent un ordinateur ou une tablette.

Cette situation est aggravée par une dépendance quasi exclusive aux données mobiles, soit 95 % des connexions, soumises à des réseaux souvent instables en province. Faute d’infrastructures fiables et de connaissances sur la cybersécurité, l’inclusion financière promise par le numérique demeure, pour ces populations, un horizon lointain.

La jeunesse, moteur de la transition

Au milieu de ces zones d’ombre, la jeunesse apparaît comme une lueur d’espoir. Les moins de 35 ans représentent 44 % des répondants et affichent une appétence naturelle pour les outils digitaux. Pour Manohisoa Boulier, responsable au FENU, cette catégorie est le levier indispensable de la transformation économique du Gabon. Cependant, elle prévient : sans un renforcement ciblé des compétences et un accompagnement structuré, ce potentiel risque de s’évaporer sans produire d’impact durable sur le PIB.

Le défi de l’exécution

Conscient de l’urgence, le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, a réaffirmé les priorités gouvernementales : moderniser les infrastructures et finaliser le tant attendu « Start-up Act ». L’enjeu est de taille pour l’exécutif. Il ne s’agit plus seulement de connecter le pays, mais de s’assurer que le numérique devienne un outil de justice sociale. 

Pour que le Gabon atteigne ses objectifs d’émergence, la vitesse d’exécution des réformes sera le juge de paix : le numérique sera-t-il un moteur d’équité ou le nouveau visage de l’exclusion ?

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