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Numérique : 615 milliards de FCFA, le coût exorbitant des coupures internet en Afrique en 2025

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Le numérique est devenu le nouveau champ de bataille politique en Afrique centrale. Mais cette stratégie du silence a un prix, et il est colossal. Selon le dernier rapport de l’Institut for Security Studies (ISS), les restrictions d’accès au web, loin de stabiliser les États, s’avèrent être des gouffres financiers et des impasses démocratiques.

Le chiffre donne le vertige : en 2025, les interruptions de réseau ont coûté environ 1,11 milliard de dollars, soit 615 milliards de FCFA, à l’économie de l’Afrique subsaharienne. Ce bilan financier traduit une paralysie systémique : ralentissement des échanges commerciaux, interruption des services de paiement mobile et fuite des investisseurs. Pour des pays en quête de transformation digitale, ces « black-out » agissent comme un signal d’alarme qui fait fuir les capitaux.

Une censure devenue systématique

L’Afrique centrale n’est pas un cas isolé, mais la fréquence des interventions inquiète. Les données sont éloquentes : 193 coupures imposées par les États ont été répertoriées dans 41 pays africains entre 2016 et 2024. En 2024 seulement, 25 interruptions majeures ont été enregistrées, majoritairement lors de périodes électorales ou de contestations sociales.

Le Gabon illustre cette fragilité. En février 2026, le pays a rejoint la liste des nations restreignant l’accès aux réseaux sociaux. Si les autorités invoquent la lutte contre les discours de haine, la Commission internationale des juristes (CIJ) y voit une violation flagrante de la liberté d’expression.

L’illusion de la sécurité

L’ISS est formel : couper le web ne règle rien. Si la mesure freine temporairement la circulation de l’information, elle ne traite jamais les causes profondes de l’instabilité. Au contraire, l’absence de canal de communication peut exacerber la colère populaire.

Pour les analystes, la stabilité durable ne passera pas par un interrupteur. Elle repose sur le dialogue politique, la transparence électorale et la mise en place d’institutions crédibles. En 2026, l’heure n’est plus à la fermeture du web, mais à l’ouverture démocratique, seule garante d’une prospérité économique réelle.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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