Gabon : la consommation de la viande de brousse bientôt régulée !
Au Gabon, les autorités veulent désormais sortir la consommation de la viande de brousse de l’informel. Réunis à Libreville le jeudi 7 mai 2026 autour d’un atelier stratégique, le ministère des Eaux et Forêts, la FAO et l’Union européenne ont engagé une nouvelle étape pour encadrer une filière estimée à 17 tonnes de viande consommées chaque année dans le pays. L’objectif est de concilier biodiversité, sécurité alimentaire et intérêts économiques des populations selon Gabonreview.
C’est une activité qui est ancrée dans les habitudes alimentaires et culturelles des populations gabonaises, notamment celles vivant dans l’arrière pays. Malheureusement, elle reste encore dépourvue d’une réglementation formelle. Les conclusions des travaux ont mis en lumière les difficultés liées à cette consommation. Il s’agit de la pression sur certaines espèces, des circuits commerciaux informels, demande croissante en protéines animales dans les villes et risques sanitaires émergents, comme souligné par Maurice Ntossui Allogho, ministre des eaux et forêts.
Une stratégie nationale en pleine préparation…
Soutenu par l’Union Européenne, le programme SWIM est le résultat d’un quart de siècle d’études. « Vingt-cinq ans de collecte de données, de réflexion et de travaux de recherche ont permis d’aboutir à un cadre stratégique qui devrait être validé dans les jours à venir et qui permettra d’encadrer la filière dans ses différents aspects », a expliqué Alphonse Kananura, représentant de la FAO au Gabon. La future feuille de route repose sur cinq axes, renforcement du cadre institutionnel et juridique, amélioration des connaissances scientifiques, promotion de la filière, développement des aires communautaires et formalisation du commerce.
Pour l’Union européenne, la démarche doit permettre de concilier la conservation de la biodiversité avec les réalités sociales. «Pour la durabilité des résultats, il est indispensable d’accompagner les autorités dans l’élaboration d’une stratégie nationale permettant d’articuler la préservation de la biodiversité avec la sécurité alimentaire et les besoins socio-économiques des populations », a souligné Cécile Abadie, ambassadrice de l’Union européenne pour le Gabon.
Les autorités gabonaises ambitionnent ainsi de donner aux populations des droits et responsabilités mieux définis dans la consommation et la commercialisation de la viande de brousse d’ici à 2036.










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