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Filière avicole : 562 400 poussins et 2 350 tonnes d’aliments commandés pour préparer l’arrêt des importations

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À moins de cinq mois de l’arrêt annoncé des importations de poulet de chair, prévu le 1er janvier 2027, le Gabon accélère la mise en œuvre de son Plan opérationnel d’urgence de la filière avicole (POUFA). Le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural et la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG) ont signé, jeudi 6 août 2026 à Libreville, un cahier des charges confiant à cette dernière la sécurisation de l’approvisionnement en intrants de 150 fermes avicoles. Une première commande de 562 400 poussins d’un jour et 2 350 tonnes de provendes est programmée.

Le compte à rebours est désormais engagé. Alors que le gouvernement entend mettre fin aux importations de poulet de chair dès janvier prochain, la réussite de cette décision dépend d’abord de la capacité des producteurs gabonais à prendre le relais. C’est précisément sur ce maillon que le ministère de l’Agriculture veut désormais agir en sécurisant l’accès aux poussins, aux aliments et aux produits vétérinaires.

Présidée par le ministre Pacôme Kossy, la signature du cahier des charges entre Jean-Jack Mouyabi, directeur général de l’Élevage, et Théophile Boutamba, directeur général de la CEAG, fait ainsi passer le POUFA de la planification à une phase plus opérationnelle.

562 400 poussins pour amorcer la montée en puissance

« Aujourd’hui, cette convention entre la Centrale d’Achat et le Ministère constitue un jalon supplémentaire : celui de la commande des intrants qui permettront à nos éleveurs nationaux de monter en puissance », a expliqué Pacôme Kossy. La première phase porte sur 562 400 poussins d’un jour, 2 350 tonnes de provendes et des produits vétérinaires. Les premières livraisons devraient intervenir à partir de fin septembre et début octobre, avant une nouvelle vague annoncée en novembre. Ces intrants seront répartis entre les différents sites retenus avant leur distribution aux 150 exploitations bénéficiaires.

La CEAG devient, dans ce dispositif, le bras logistique de l’opération. Elle devra négocier avec les fournisseurs, passer les commandes, organiser l’acheminement, contrôler les livraisons, assurer le stockage et garantir la traçabilité jusqu’à la remise des intrants aux producteurs.

La CEAG au cœur de la bataille logistique

Pour Théophile Boutamba, l’enjeu consiste désormais à faire fonctionner cette chaîne sans rupture. « Nous suivrons tout le processus, depuis les commandes jusqu’à la distribution, afin que les éleveurs disposent des moyens nécessaires pour développer leur production », a-t-il indiqué. Un appel à manifestation d’intérêt aurait déjà permis de qualifier plusieurs fournisseurs internationaux.

À terme, le programme est autrement plus ambitieux : 3 millions de poussins d’un jour et 14 000 tonnes de provendes, auxquels doivent s’ajouter les produits vétérinaires nécessaires aux exploitations sélectionnées.

Ces volumes donnent cependant toute sa mesure au défi qui attend le gouvernement. Interdire les importations est une décision administrative ; remplacer durablement les volumes importés par une production gabonaise suffisante, régulière et compétitive constitue le véritable test économique.

Le 1er janvier 2027 comme épreuve de vérité

La disponibilité des poussins ne suffira donc pas. La réussite du POUFA dépendra également du coût de l’alimentation animale, de la santé des élevages, des capacités d’abattage et de conservation, de la logistique, du financement des producteurs et, surtout, de la capacité à proposer aux consommateurs un poulet local à un prix soutenable.

À cinq mois de l’échéance, la signature avec la CEAG constitue ainsi une avancée concrète, mais elle ouvre surtout une période décisive. Car au 1er janvier 2027, la souveraineté alimentaire ne pourra plus seulement se mesurer aux annonces ou au nombre de poussins commandés : elle se vérifiera dans les élevages, sur les marchés et, finalement, dans l’assiette des Gabonais.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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