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Climat : l’ONU donne l’alerte face au retour imminent d’El Niño

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Le thermomètre mondial s’apprête à s’affoler de plus belle. Mardi, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a confirmé le retour imminent d’El Niño, ce phénomène de réchauffement de l’océan Pacifique tropical. Les prévisions sont quasi certaines : il y a 80 % de chances que ces conditions s’installent dès cet été, et 90 % de probabilités qu’elles persistent ensuite. Face à cette menace, l’agence de l’ONU exhorte tous les pays à muscler de toute urgence leurs systèmes d’alerte précoce.

L’empreinte d’un tel phénomène dépasse de loin son berceau océanique. En perturbant l’atmosphère, El Niño va entraîner des températures supérieures aux normales saisonnières « presque partout » sur la planète. Agriculture, réseaux énergétiques, commerce international, ressources en eau : aucun secteur vital n’est épargné. « El Niño est un facteur déterminant des conditions météorologiques et climatiques mondiales », rappelle Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM.

Actuellement, les eaux du Pacifique affichent par endroits jusqu’à 6 °C de plus que la moyenne. Cette surchauffe inédite fait craindre le pire pour les communautés les plus vulnérables, souvent prises de court face aux dérèglements en chaîne. Des terres arides du Lesotho en Afrique australe jusqu’aux plaines d’Éthiopie, la sécheresse pousse déjà des milliers d’éleveurs à l’exode pour survivre.

L’effet loupe du changement climatique

Le précédent épisode (2023-2024) figure déjà parmi les cinq plus intenses de l’histoire, propulsant l’année 2024 au rang de record absolu de chaleur. Si la science ne prouve pas que le dérèglement climatique d’origine humaine augmente la fréquence d’El Niño, il en amplifie cruellement les effets. Une atmosphère et des océans plus chauds agissent comme du carburant, injectant davantage d’énergie et d’humidité dans le système. Résultat : les vagues de chaleur deviennent étouffantes et les précipitations, diluviennes.

Pour António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, ces données scientifiques sont « sans équivoque ». Le monde doit traiter cette situation comme une urgence absolue. La parade ? Briser la dépendance aux énergies fossiles, accélérer la transition verte et, surtout, déployer des boucliers climatiques fiables pour protéger les populations.

Un cycle naturel sous haute surveillance

Pour mieux comprendre, El Niño est la phase chaude d’un cycle naturel appelé ENSO, dont La Niña est le pendant froid. Ce va-et-vient thermique survient tous les deux à sept ans et s’étire généralement sur un an. Même lorsqu’il est qualifié de « modéré », El Niño déstabilise le climat global. Durant les prochains mois, l’OMM et ses partenaires scruteront le Pacifique pour guider les humanitaires et les gouvernements. Anticiper, c’est encore la meilleure manière de sauver des vies.

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