CEMAC : vague d’expulsions en Guinée équatoriale
Les tensions autour de la mobilité transfrontalière refont surface en Afrique centrale. À Malabo comme à Bata, les forces de l’ordre équato-guinéennes ont mené ces derniers jours une vaste opération de contrôle ciblant les ressortissants étrangers. Ces rafles à répétition se sont soldées par l’interpellation et le refoulement précipité de plusieurs dizaines de personnes, principalement de nationalité camerounaise.
Placés en détention provisoire dès leur arrestation, les migrants interpellés ont ensuite été reconduits aux frontières par voies terrestre, maritime ou aérienne. Cette méthode brutale suscite une vive inquiétude, d’autant que plusieurs témoins et observateurs affirment que certains ressortissants visés disposaient de papiers administratifs parfaitement en règle. Si aucun citoyen gabonais ne figure officiellement parmi les expulsés à ce stade, les conditions d’exécution de ces rafles soulèvent de sérieuses questions juridiques quant aux garanties individuelles accordées et aux droits de recours des personnes ciblées.
Le casse-tête juridique de la prolongation de séjour
Cette offensive sécuritaire met en lumière le cruel fossé entre les principes théoriques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et leur application sur le terrain. Certes, depuis 2017, la Guinée équatoriale a formellement supprimé l’obligation de visa pour les séjours de moins de 90 jours accordés aux ressortissants de l’espace communautaire. Cependant, la régularisation au-delà de ce préavis légal reste un véritable parcours du combattant.
Comme le souligne un diplomate de la sous-région, les autorités locales en viennent à sanctionner des individus pour séjour irrégulier, alors même qu’aucun mécanisme clair ni fluide n’existe pour leur permettre de formaliser la prolongation de leur titre de séjour. Un vide administratif qui piège de nombreux travailleurs et familles en règle.
L’intégration sous-régionale à l’épreuve des faits
Cet épisode ravive le débat sur la réalité de la libre circulation des personnes au sein du bloc régional. Qu’ils soient Camerounais, Gabonais, Congolais, Tchadiens ou Centrafricains, les citoyens de la zone CEMAC se heurtent encore trop souvent à des politiques sécuritaires nationales restrictives. Face à ce climat d’incertitude, la pression monte sur les représentations diplomatiques et les gouvernements de la région, vivement appelés à intervenir pour faire respecter les traités communautaires et préserver les droits fondamentaux de leurs ressortissants.






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