A La UneDerniers articlesPOLITIQUE

«Biens mal acquis» : L’ONG Survie dénonce les rouages et les omissions du «siphonnage franco-gabonais»

Ecouter l'article

Après près de deux décennies d’investigations judiciaires, le volet français de l’affaire dite des « biens mal acquis » franchit une étape décisive. Le Parquet national financier (PNF) a formellement requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de treize membres du clan d’Omar Bongo, ancien chef d’État gabonais, pour des faits de recel de détournement de fonds publics et de corruption. 

Dans une analyse publiée dans son mensuel Décolonisons !, l’association anticorruption Survie revient sur ce « siphonnage des ressources pétrolières du Gabon » et pointe du doigt les complicités financières et politiques qui ont permis la constitution d’un colossal patrimoine immobilier dans l’Hexagone.

Le rôle central des institutions financières françaises

Pour l’ONG, ce système de prépaiement et de détournement n’aurait jamais pu fonctionner sans l’implication active d’acteurs bancaires tricolores. Le PNF vise notamment la BNP Paribas, dont le renvoi est réclamé pour blanchiment aggravé. Selon les éléments du réquisitoire, l’établissement financier « ne pouvait pas ne pas avoir connaissance de l’origine frauduleuse des fonds » ayant transité sur ses comptes entre 1996 et 2008. 

middle ban bien plus que du sport

« L’ONG Survie rappelle que la banque aurait sciemment fermé les yeux, voire facilité ces transactions litigieuses, s’inscrivant dans la continuité des dérives pétrolières de la Françafrique », indique le communiqué. 

Une justice saluée mais jugée incomplète

Si Survie se réjouit de voir ces dossiers tentaculaires déboucher enfin devant les tribunaux, l’organisation formule de fortes réserves sur le périmètre temporel et politique de l’instruction. L’association regrette que la période incriminée s’arrête brutalement au décès d’Omar Bongo en 2009, alors même que les mécanismes de captation des ressources se sont poursuivis sous le mandat de son fils, Ali Bongo Ondimba.

L’ombre des complicités politiques et militaires

Au-delà de l’aspect strictement financier, l’ONG déplore les impasses de la procédure sur le rôle des réseaux d’influence français. Tout comme lors des précédents scandales industriels, Survie estime peu probable que la justice française explore les responsabilités politiques et militaires ayant soutenu cette kleptocratie pendant plus de quatre décennies. Ce procès à venir s’annonce néanmoins emblématique pour le traitement des réseaux financiers illicites entre la France et le continent africain.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Ce message d’erreur est visible uniquement pour les administrateurs/administratrices de WordPress.

Erreur 403 : The request cannot be completed because you have exceeded your quota..

Domain code: youtube.quota
Reason code: quotaExceeded

Erreur : aucune vidéo n’a été trouvée.

Assurez-vous qu’il s’agit d’un identifiant de chaine valide et que la chaine a des vidéos disponibles sur youtube.com.

Bouton retour en haut de la page