Bassin du Congo : le Gabon en tête avec 262 espèces inédites découvertes
Le verdict du dernier rapport « Planète vivante », copublié par le WWF et le Parc zoologique de Londres, est sans appel : le Bassin du Congo s’impose plus que jamais comme le second poumon écologique de la planète, juste derrière l’Amazonie. Entre 2013 et 2023, les chercheurs du monde entier y ont identifié pas moins de 742 nouvelles espèces. Une profusion de vie qui témoigne de la richesse inestimable des forêts afrotropicales : 430 plantes, 140 invertébrés, 96 poissons, 42 reptiles, 22 amphibiens, 10 mammifères et 2 oiseaux s’ajoutent désormais au patrimoine naturel mondial.
Dans ce palmarès de la biodiversité, le Gabon tire magistralement son épingle du jeu. Avec 262 nouvelles espèces répertoriées sur son territoire, le pays occupe la première place de la région. Les découvertes y sont aussi variées que spectaculaires. Côté flore, les botanistes ont notamment mis au jour l’orchidée Angraecum biteaui ou encore l’arbre Sirdavida, identifié près du mont de Cristal.
La faune n’est pas en reste. La réserve de Wonga-Wongué a révélé le Killi coloré (Aphyosemion aurantiacum), un poisson aux nuances éclatantes, tandis que la province du Haut-Ogooué a vu l’identification d’une libellule au nom poétique d’Umma gumma. Du nord au sud de la République gabonaise, chaque expédition apporte son lot de surprises taxinomiques.
Un palmarès régional révélateur des écosystèmes afrotropicais
Si le Gabon mène la marche, le reste de la sous-région confirme l’extraordinaire dynamique spéciative du Bassin du Congo. La République démocratique du Congo talonne de près son voisin avec 259 espèces inédites. Le Cameroun monte sur la troisième marche du podium en comptabilisant 238 découvertes.
Plus loin dans le classement, la République du Congo enregistre 65 nouvelles espèces, suivie par la Guinée équatoriale avec 59 identifications, tandis que la République centrafricaine clôt la liste avec 25 espèces décrites. Ces variations reflètent à la fois la diversité des microclimats locaux et l’intensité des campagnes d’inventaire menées sur le terrain.
La science et le savoir local main dans la main
Derrière ces chiffres impressionnants se cache un travail scientifique de longue haleine. L’inventaire de ces 742 espèces repose sur une méthodologie rigoureuse combinant collectes de spécimens, analyses génétiques poussées et documentation minutieuse.
Surtout, cette aventure scientifique n’aurait pas été possible sans une collaboration étroite avec les communautés locales. Gardiennes traditionnelles de ces forêts, elles ont guidé les chercheurs à travers des zones parfois inaccessibles. Alors que les écosystèmes mondiaux subissent d’importantes pressions, ce rapport rappelle l’urgence absolue de protéger ce joyau naturel, précieux sanctuaire pour la vie sauvage.








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