Afrique : l’IA impliquée dans 55% des cybercrimes selon Interpol
Au fil des années, l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un outil à double tranchant sur le continent noir tout particulièrement. D’ailleurs, un rapport de l’organisation internationale de police criminelle (Interpol) , relayé par notre confrère Africanews, révèle que cette technologie révolutionnaire est impliquée dans 55% des cybercrimes signalés en Afrique. Un niveau qui illustre la montée en puissance d’attaques numériques plus rapides, sophistiquées et difficiles à détecter par les utilisateurs.
Dans son rapport publié le lundi 3 août, l’organisation policière internationale s’appuie sur des données recueillies dans 36 pays d’Afrique pour dresser ce constat préoccupant. Outre le chiffre, c’est toute l’architecture de la menace qui évolue. « La cybercriminalité est passée d’incidents isolés à un écosystème industrialisé et sans frontières »,indique le communiqué. Pourtant de nombreux États africains restent confrontés à des moyens limités pour prévenir, enquêter et répondre aux attaques. Si on le pensait révolutionnaire, l’essor de l’IA se présente comme un accélérateur des escroqueries, l’hameçonnage et la manipulation des victimes à grande échelle.
Quand l’IA tant chéri, devient un redoutable ennemi
Si aujourd’hui on compte plus de 1,1 milliards d’abonnés mobiles recensés en 2025, les risques sont eux croissants. En effet, le manque de maîtrise de l’IA et l’absence de cadre législatif cohérent à l’échelle continentale facilitent la prolifération de la cybercriminalité,indique Interpol. Concrètement, c’est à travers des e-mails générés par l’IA, des deepfakes, l’usage de véritables données personnelles sont autant de moyens mis en place par les cybercriminels pour agir sous couvert de l’outil numérique. Lequel est capable de contourner les systèmes de vérification biométrique les plus sophistiqués. Et ce, même lorsqu’il s’agit d’ouvrir un compte bancaire et obtenir un prêt.
Face à cette menace, António Guterres appelle à ne pas répéter dans les technologies de demain les injustices du passé. Le secrétaire général de l’ONU rappelle que l’IA peut servir le développement durable, améliorer la santé, l’éducation ou l’agriculture, mais seulement si les pays disposent d’une connectivité suffisante, d’infrastructures solides, d’un accès à l’énergie et de compétences adaptées. Dans un continent où le numérique progresse à grande vitesse, le défi est désormais clair. Il faut protéger les usages légitimes de l’IA tout en freinant son instrumentalisation par les cybercriminels. Entre promesse de développement et menace sécuritaire, l’Afrique se trouve au cœur d’un bras de fer technologique qui exigera des lois plus fortes, des coopérations renforcées et une vigilance accrue.









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