Vie chère et parafiscalité : les syndicats du commerce appellent à une harmonisation des règles
Face à la multiplication des contrôles anarchiques et aux prélèvements informels qui pèsent lourdement sur le panier de la ménagère comme sur l’économie, les représentants des syndicats du commerce sont montés au créneau lors d’une conférence de presse. Tout en saluant le décret présidentiel du 14 septembre 2026 organisant la création de la brigade mixte de contrôle, les acteurs du secteur appellent à une application stricte et ordonnée pour assainir durablement le marché.
Le diagnostic posé par les partenaires sociaux révèle un système fragilisé par la dispersion des prélèvements. Entre 12 et 14 autorités procèdent chaque année à des contrôles distincts, représentant des montants colossaux. « Nous sommes entre 55 et 95 milliards prélevés par an. De cette somme, seuls 15 % rentrent réellement dans les caisses de l’État, tandis que 75 à 85 % échappent à tout contrôle central. », a indiqué Jonas Mounienguet Mbembo, président de l’intersyndicale du secteur du commerce.
Selon lui, cette opacité pèse directement sur les prix. Dans un contexte mondial marqué par l’inflation et la cherté des carburants, les opérateurs économiques se trouvent pris en tenaille. « Nous ne sommes pas des pays producteurs, mais des consommateurs, rappelle un délégué. Il nous est très difficile de maintenir les prix fixés par l’État quand nous achetons cher et qu’on nous demande de vendre à perte. », a-t-il rappelé.
Vers une rationalisation des contrôles et de la fiscalité
Le décret n°0094, portant création, attributions et fonctionnement de la brigade mixte de contrôle, constitue aux yeux des syndicalistes un premier pas décisif pour mettre fin à l’anarchie. « Ce décret vient régler un problème majeur englobé dans le programme de lutte contre la vie chère. C’est un début de solution. » a pour sa part indiqué Christian Nguema, chargé de la communication de l’organisation syndicale.
Cependant, les intervenants insistent sur la nécessité de suspendre immédiatement les patrouilles isolées sur le terrain, notamment celles des services municipaux ou sectoriels non intégrés à la brigade mixte. L’objectif affiché est d’éviter les doublons et de protéger les contribuables contre la pression intempestive d’administrations multiples.
Harmoniser les textes pour pérenniser l’activité
Au-delà de la structuration des équipes de terrain, l’intersyndicale réclame une révision en profondeur du cadre réglementaire. Les responsables demandent une harmonisation globale des textes législatifs ainsi qu’un encadrement proportionné des sanctions financières. Le secrétaire général 2 de l’intersyndicale Fadiga Djimme a pour sa part souhaité une clarification des amendes infligées aux opérateurs économiques. « On ne peut pas imposer une amende d’un million de francs à un petit commerçant dont la boutique ne vaut que 300 000 francs. Il faut aller vers des amendes forfaitaires et clarifier définitivement les compétences de chaque administration pour ne plus étouffer l’activité économique. », a-t-il indiqué.
Déterminés à accompagner le gouvernement, les syndicats s’engagent désormais à mener des campagnes d’information et de sensibilisation auprès de leurs membres afin de promouvoir les bonnes pratiques commerciales, tout en restant vigilants quant au respect des engagements pris par l’État.








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