Gabon : la BAD prévoit une croissance timide à 2,7 % pour 2026
Le Gabon fait face à un sérieux rappel à l’ordre de la part des institutions financières internationales. Dans son rapport annuel sur les Perspectives économiques en Afrique, publié ce 26 mai 2026, la Banque Africaine de Développement (BAD) projette une croissance de seulement 2,7 % pour le pays cette année. Une trajectoire que l’institution panafricaine juge d’emblée insuffisante pour résorber la pauvreté et répondre efficacement aux urgences sociales pressantes de la population.
Cette estimation de la BAD sonne comme une douche froide à Libreville, d’autant qu’elle s’avère nettement plus prudente que les calculs gouvernementaux. En effet, le Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR), adopté en Conseil des ministres le 22 mai dernier, tablait déjà sur un sérieux coup de frein en ramenant ses prévisions de 6,5 % à 4 %. La BAD, elle, choisit de placer la barre encore plus bas.
Des fragilités structurelles persistantes
Pour expliquer ce pessimisme, les analystes de la BAD pointent du doigt les faiblesses chroniques de l’appareil productif gabonais. Le premier signal d’alarme concerne l’endettement public, qui culmine désormais à près de 79 % du PIB. Ce fardeau financier réduit considérablement la marge de manœuvre de l’État pour investir dans les infrastructures de base.
À cette crise de la dette s’ajoute un recul significatif des exportations, pénalisant directement les recettes de l’État. En conséquence, bien qu’une reprise progressive reste envisageable à moyen terme, le Gabon avance à pas feutrés et se laisse distancer par le dynamisme de plusieurs de ses voisins de la zone Afrique centrale.
Les pistes de la BAD pour redresser la barre
Face à ce constat préoccupant, la Banque Africaine de Développement ne se contente pas de dresser un bilan négatif ; elle trace également des pistes pour l’avenir. L’institution exhorte les autorités gabonaises à accélérer sans tarder les réformes structurelles indispensables à la modernisation de l’économie.
Pour rompre la dépendance aux schémas classiques, le rapport préconise une diversification urgente des sources de financement. Le salut gabonais passera notamment par une intégration accrue des partenariats public-privé (PPP) et l’exploitation des mécanismes de la finance verte. Enfin, la BAD insiste sur la nécessité absolue de consolider la gouvernance des finances publiques, tout en érigeant des remparts solides pour protéger le pouvoir d’achat, de plus en plus fragilisé, des ménages gabonais.









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