Gabon : Fitch maintient la note «CCC-» face à l’envolée de la dette
L’agence de notation Fitch Ratings a récemment confirmé la note de défaut émetteur (IDR) à long terme du pays à « CCC- » pour les devises étrangères, et à « CC » pour sa monnaie locale. Cette décision, largement relayée par le site d’information financière Investing.com, met en lumière les vulnérabilités structurelles profondes auxquelles Libreville est aujourd’hui confrontée, entre pressions sur le refinancement et dérapage budgétaire.
Au cœur des préoccupations des analystes financiers se trouve une dégradation spectaculaire des comptes publics. Selon les estimations publiées par Investing.com, le déficit budgétaire gabonais a atteint le niveau inquiétant de 12,2 % du PIB en 2025. Cette trajectoire s’explique principalement par une explosion des dépenses en capital, qui ont grimpé à 11 % du PIB alors que leur moyenne sur cinq ans n’excédait pas 2,7 %.
Pour éponger ce gouffre, l’État a accumulé d’importants arriérés de paiement, laissant apparaître un déficit de trésorerie net de 7,5 % du PIB. Bien que les projections pour 2026 et 2027 anticipent un léger reflux du déficit aux alentours de 6 %, la situation reste fragile et conditionnée à une révision des ambitions d’investissements publics.
Le fardeau du refinancement et l’envolée de la dette
Le calendrier de remboursement s’annonce particulièrement lourd pour les autorités gabonaises. Fitch estime que les amortissements intérieurs culmineront à 11,6 % du PIB en 2026, avant de bondir à 15,6 % l’année suivante. Face à la faiblesse des ressources locales, le Gabon n’a d’autre choix que de se tourner vers l’extérieur. À cet égard, le prêt commercial d’un milliard de dollars négocié avec la société Trafigura au printemps 2026 constituera la principale bouée de sauvetage à court terme.
Parallèlement, l’endettement global a suivi une courbe ascendante vertigineuse, passant de 72 % du PIB en 2024 à 81,1 % en 2025. Si une croissance nominale portée par le secteur pétrolier devrait stabiliser ce ratio à court terme, l’agence de notation redoute un nouveau choc en 2027, prévoyant une dette à 87,6 % en raison d’un repli attendu des cours du brut.
Vers un arbitrage crucial avec le FMI
Pour s’extirper de cette impasse, Libreville cherche à regagner la confiance des bailleurs internationaux. Le gouvernement a officiellement sollicité un programme d’aide auprès du Fonds monétaire international (FMI). En gage de bonne volonté, le ministère des Finances a initié un audit complet de la dette publique afin d’accroître la transparence financière.
Les conclusions de cette expertise, attendues pour la fin juillet 2026, seront déterminantes pour la suite des négociations, au moment même où la croissance réelle du pays accuse un ralentissement, s’établissant à 3,2 % en raison du repli de la production pétrolière.









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