« Taxes abusives » : le SYLTTEG dénonce des « pratiques mafieuses » de la municipalité
À Akanda, la colère des transporteurs de matériaux de construction ne faiblit plus. Réunis en sit-in le mardi 26 mai 2026, les membres du Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (SYLTTEG) ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « racket institutionnel » orchestré au sein de l’administration municipale. Face à plusieurs dizaines de transporteurs nationaux et expatriés, le président du syndicat, Jean Robert Menié, a appelé les autorités à mettre fin à des pratiques qu’il juge « abusives et illégales ». « Trop, c’est trop », a lancé le responsable syndical dans une déclaration relayée par La Fuite de l’Info.
Selon le SYLTTEG, les transporteurs s’acquittent déjà des taxes réglementaires exigées pour l’exercice de leur activité, notamment la taxe municipale, l’autorisation de circuler ainsi que la patente versée au Trésor public. Le syndicat dénonce cependant l’instauration d’une nouvelle taxe liée au chargement et au déchargement des matériaux, perçue, selon lui, par des particuliers agissant sans base légale claire. « Cette taxe est un trop-perçu. Elle est illégale, car déjà incluse dans les redevances que nous payons », a affirmé Jean Robert Menié, qui accuse la municipalité de favoriser une « privatisation opaque » de la collecte des fonds.
Des transporteurs au bord de l’asphyxie financière
Le mouvement syndical estime que cette pression fiscale supplémentaire menace directement la survie économique des transporteurs. Dans un secteur où les recettes quotidiennes oscillent entre 5 000 et 10 000 FCFA, certains prélèvements atteindraient jusqu’à 12 000 FCFA par jour. « Comment prélever 12 000 FCFA sur un acteur qui en gagne à peine 10 000 ? Où est la justice ? », s’est indigné le président du SYLTTEG. Les manifestants considèrent cette situation comme une forme de prédation économique organisée, accentuée par l’absence de transparence dans la gestion des taxes locales.
Face à ce désordre fiscal, le SYLTTEG appelle désormais les autorités centrales à intervenir rapidement afin de restaurer un climat de confiance dans le secteur du transport terrestre. Le syndicat affirme ne pas rejeter le principe de l’impôt, mais refuse ce qu’il considère comme une taxation illégale. « Nous ne refusons pas de payer ce qui est dû. Mais nous refusons de payer l’illégal », a conclu Jean Robert Menié. Cette affaire intervient alors que le gouvernement a récemment convoqué une réunion de crise avec les sectoriels afin de mettre fin aux pratiques de taxes illégales, qui annihilent la confiance des opérateurs économiques.









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