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Transport urbain : guerre ouverte entre la Mairie de Libreville et la DGTT

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Une tempête administrative et politique secoue désormais les relations entre l’Hôtel de Ville et la Direction Générale des Transports Terrestres (DGTT). Ce qui couvait depuis plusieurs mois sous forme de frictions larvées s’est officiellement transformé en une guerre ouverte. Au cœur de cette discorde frontale : la gestion, le contrôle et la régulation des transports urbains au sein de la capitale gabonaise, un secteur clé où les compétences de chaque entité s’entrechoquent désormais violemment.

La rupture s’est matérialisée par une sortie médiatique incisive de la municipalité. Anaïs Félicité Tsogho, Directrice Générale chargée des Aménagements Urbains et des Transports à la Mairie de Libreville, est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie d’ingérence inacceptable. Selon l’institution municipale, la DGTT outrepasse systématiquement ses prérogatives en s’immisçant dans la gestion directe des transports de proximité, une mission constitutionnellement dévolue aux collectivités locales.

La mairie accuse notamment l’administration centrale de saturer l’espace urbain en octroyant des autorisations de circuler de manière unilatérale. Cette anarchie administrative asphyxie un réseau routier déjà saturé et complique cruellement le quotidien des Librevillois.

Le ras-le-bol des municipalités

Pour la Mairie de Libreville, le constat est sans appel : les actions de la DGTT créent un doublon décisionnel nuisible. Face aux caméras, la municipalité a fermement rappelé que la délivrance des autorisations de stationnement, la délimitation des lignes de transport urbain et le contrôle des gares routières relèvent de sa compétence exclusive.

« Nous assistons à une violation flagrante des textes de la décentralisation », martèle l’entourage de la mairie, las de voir ses recettes municipales s’évaporer au profit d’initiatives non concertées de la Direction Générale des Transports Terrestres.

Vers une paralysie du secteur ?

Alors que les deux institutions se rejettent la responsabilité du désordre urbain, les syndicats de transporteurs et les usagers se retrouvent pris en otage. Pris entre le marteau municipal et l’enclume ministérielle, les chauffeurs de taxi ne savent plus à quel saint se vouer pour s’acquitter de leurs taxes sans risquer des contrôles intempestifs. 

Si aucun terrain d’entente n’est rapidement trouvé, cette guerre des chefs pourrait bien déboucher sur une paralysie totale du trafic à Libreville. Pour l’heure, le dialogue semble totalement rompu, laissant place à une démonstration de force administrative dont la capitale se serait bien passée.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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