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Gabon : 3 millions de poussins commandés pour lancer l’autosuffisance avicole

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Face à la dépendance chronique des marchés extérieurs, Libreville accélère la cadence. Avec l’horizon 2027 en ligne de mire pour l’interdiction définitive des importations de volaille, le pays bascule concrètement dans l’action pour structurer sa propre filière.

C’est un virage décisif pour l’économie gabonaise. Le gouvernement vient de formaliser la commande massive de trois millions de poussins, une initiative d’envergure nationale destinée à approvisionner directement 150 exploitations privées à travers le territoire. Cette mesure marque l’entrée du pays dans la phase pleinement opérationnelle de son plan d’autosuffisance avicole. 

Loin des simples déclarations d’intentions, la démarche vise à sevrer progressivement le marché local de sa dépendance aux importations, avant le couperet réglementaire programmé pour 2027.

Une injection massive de capitaux publics et privés

Pour soutenir cette transformation structurelle, les autorités n’ont pas lésiné sur les moyens. Selon les informations rapportées par le média économique Sika Finance, une synergie robuste s’est mise en place entre les investissements publics massifs et les contributions dynamiques du secteur privé. 

Les fonds injectés ne se limitent pas à l’achat du cheptel : ils financent également la modernisation des infrastructures d’élevage, la sécurisation des chaînes de froid et la formation des exploitants locaux. Cette alliance stratégique entre l’État et les entrepreneurs de terrain constitue le socle indispensable pour viabiliser un marché jusqu’ici ultra-dépendant de l’extérieur. L’objectif recherché est de bâtir une chaîne de valeur résiliente, capable de nourrir la population de façon autonome.

Le défi de la transformation industrielle

Cependant, l’enjeu dépasse la simple acquisition de poussins. La véritable bataille se jouera sur le terrain de la productivité et de la logistique. Cette montée en puissance rapide doit désormais faire la preuve par l’action. Il s’agit pour la filière locale de démontrer sa capacité réelle à convertir de grandes ambitions de souveraineté alimentaire en une production effective, régulière et compétitive sur les étals.

Les défis de terrain restent nombreux, notamment l’accès à une alimentation animale de qualité et à un coût maîtrisé, souvent identifié comme le principal goulet d’étranglement de l’élevage en Afrique centrale. Si le Gabon parvient à stabiliser ces coûts de production tout en garantissant un flux d’approvisionnement constant pour ses structures privées, le pari sera gagné. Le pays n’a désormais plus que quelques mois pour parfaire son modèle : le compte à rebours est bel et bien enclenché.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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