Régulation de l’Iboga : Guy Bertrand Mapangou réfute la rumeur d’une interdiction dans les rites traditionnels
L’Iboga, plante sacrée et pilier de la spiritualité gabonaise, est-elle en danger de mort culturelle ? C’est la question qui enflamme les réseaux sociaux et s’invite dans les débats médiatiques depuis la publication du décret n°0239 du 22 mai 2026. Face à la montée des inquiétudes et aux rumeurs persistantes évoquant une interdiction pure et simple de l’usage de la plante dans les rituels ancestraux, Guy Bertrand Mapangou a décidé de briser le silence. Dans une tribune publiée ce vendredi 19 juin dans le quotidien L’Union, le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) s’est attaché à désamorcer une crise naissante.
Le nœud du problème réside dans l’interprétation d’un nouveau cadre réglementaire encadrant l’utilisation, l’exploitation et la commercialisation de l’Iboga. Pour de nombreux traditionalistes et observateurs, le texte sonnait le glas de la liberté rituelle, privant les gardiens des savoirs ancestraux de leur droit le plus strict.
Guy Bertrand Mapangou, lui-même traditionaliste, balaie fermement ces conclusions qu’il qualifie d’« inexactes » et d’« alarmistes ». Selon lui, le Bwiti et les autres communautés initiatiques ne sont en aucun cas criminalisés. Les pratiques culturelles et spirituelles restent pleinement reconnues comme un élément inaliénable du patrimoine national.
Protéger la plante sacrée de la convoitise internationale
Si le décret ne vise pas le cœur des temples, pourquoi alors légiférer ? L’explication se trouve au-delà des frontières gabonaises. L’Iboga et ses alcaloïdes suscitent aujourd’hui un intérêt scientifique et commercial grandissant à l’échelle mondiale.
Cette ferveur internationale expose le pays à des risques majeurs : surexploitation de la ressource, biopiraterie et réseaux commerciaux opaques. Pour Libreville, l’enjeu n’est donc pas d’interdire le culte, mais de dresser un bouclier juridique pour protéger une ressource stratégique contre le pillage extérieur. Le texte cible l’économie de la plante, pas sa sacralité.
Le défi de la concertation avec les initiés
Conscient que la transition suscite une peur légitime, le président du CESEC rappelle que le décret ne s’appliquera pas du jour au lendemain. Sa mise en œuvre nécessite la création de commissions et de procédures d’autorisation qui restent à définir.
Guy Bertrand Mapangou insiste sur le fait que rien ne se fera sans les principaux concernés. La réussite de cette réforme dépendra d’une concertation profonde entre les chercheurs, l’administration et, surtout, les dépositaires des savoirs traditionnels. Un dialogue indispensable pour que la loi moderne ne piétine pas la tradition millénaire.










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