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Gabon : chute de 15,2 % de l’activité de raffinage sur un an face à la crise du brut

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L’appareil productif énergétique gabonais traverse une zone de turbulences critiques. Selon des informations rapportées par Sika Finance, l’unique raffinerie de pétrole du Gabon fonctionne désormais au ralenti. En cause : de sévères difficultés d’approvisionnement en matière première qui brident l’outil industriel et menacent l’équilibre de la distribution nationale de carburant.

Les indicateurs de la Direction générale de l’économie et de la politique financière (DGEPF), relayés par le média financier, dressent un constat préoccupant. L’activité de raffinage a enregistré un fléchissement de 1,7 % au terme du premier trimestre, portant la baisse en glissement annuel à un chiffre inquiétant de 15,2 %.

Cette contraction n’est pas le fruit du hasard. La DGEPF pointe directement du doigt des contraintes logistiques et structurelles en amont, privant l’usine des volumes de brut nécessaires à son fonctionnement optimal. Dans un pays où la totalité du traitement local repose sur une seule infrastructure, le moindre éternuement du site de raffinage fragilise l’ensemble du réseau de distribution des hydrocarbures.

Une crise globale du secteur énergétique

Ce ralentissement du raffinage s’inscrit dans un contexte sectoriel particulièrement morose. Comme le souligne Sika Finance, la chaîne énergétique gabonaise souffre d’un repli généralisé de ses performances opérationnelles.

Durant la même période, l’extraction de pétrole brut a reculé de 4 %, tandis que la production de gaz naturel commercialisé subissait un effondrement brutal de 44,9 %. Dans le même temps, la production électrique s’est affaissée de 13,2 %, provoquant d’importants délestages à travers le pays en raison d’avaries répétées et d’un manque criant de maintenance des centrales. Il existe ainsi un lien de cause à effet évident : le repli de la production pétrolière nationale prive la raffinerie de sa matière première essentielle, paralysant la chaîne d’extension vers le bas.

Quel impact sur l’économie locale ?

Cette fragilité industrielle fait peser une menace directe sur le marché intérieur gabonais. Le pays dépend étroitement de sa production locale pour s’approvisionner en carburants essentiels : essence, gasoil, kérosène Jet A1 et gaz butane. Or, ces ressources conditionnent la vitalité d’acteurs majeurs de l’économie, des transports publics jusqu’aux industries extractives.

De façon paradoxale, la demande nationale reste soutenue. Les ventes de produits pétroliers ont progressé de 0,4 % sur le trimestre, stimulées par le dynamisme des secteurs du bâtiment (BTP) et de la recherche minière. Mais cette dynamique positive se heurte désormais au mur de la vulnérabilité industrielle. Comme le conclut Sika Finance, la dépendance envers une raffinerie affaiblie demeure l’un des maillons les plus vulnérables de l’économie gabonaise.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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