PLFR 2026 : coupe de 814 milliards dans les dépenses de l’Etat
Réuni en Conseil des ministres le 22 mai 2026, le gouvernement a adopté son projet de loi de finances rectificative (PLFR), un exercice devenu incontournable au regard des tensions qui pèsent sur l’économie mondiale et nationale. Ce collectif budgétaire traduit un net resserrement des ambitions financières de l’État pour l’année 2026. Le budget global est ainsi ramené à 5 495,2 milliards de FCFA, contre 6 358,2 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale, soit une contraction de 863 milliards de FCFA. Cette révision à la baisse illustre la volonté de l’exécutif d’ajuster ses priorités budgétaires face aux contraintes de financement et à la dégradation de certains indicateurs macroéconomiques.
Les dépenses de l’État enregistrent une baisse significative de 814,3 milliards de FCFA pour s’établir à 5 180 milliards de FCFA, contre 5 994,3 milliards de FCFA initialement prévus. Les dépenses du budget général représentent 3 669,8 milliards de FCFA, tandis que les comptes spéciaux sont arrêtés à 174,1 milliards de FCFA. Cette cure d’austérité budgétaire touche principalement les investissements publics, dont les crédits chutent de 968,1 milliards de FCFA pour s’établir à 1 169,1 milliards de FCFA. Le gouvernement justifie cette forte réduction par la déprogrammation de plusieurs projets dépourvus d’études de faisabilité.
Une pression croissante liée à la dette et aux dépenses courantes
Malgré la baisse globale des dépenses, certains postes budgétaires connaissent une progression notable. Les charges financières de la dette augmentent de 67,7 milliards de FCFA, confirmant le poids croissant du service de la dette dans les finances publiques. Les dépenses de biens et services grimpent également à 562,4 milliards de FCFA sous l’effet notamment de la hausse des remboursements de TVA évaluée à près de 70 milliards de FCFA supplémentaires. En revanche, les dépenses de personnel restent quasi stables à 958,6 milliards de FCFA.
Les dépenses de transferts ressortent à 428,2 milliards de FCFA, en légère baisse de 1,8 milliard de FCFA, malgré le renforcement des subventions destinées aux produits pétroliers, à la farine et au carburant du secteur de la pêche industrielle. Les comptes spéciaux de l’État reculent également de 3,6 milliards de FCFA pour se situer à 174,1 milliards de FCFA. Quant aux charges de trésorerie et de financement, elles atteindraient 1 336,2 milliards de FCFA, dont plus de 1 309 milliards consacrés à l’amortissement de la dette. Cette loi de finances rectificative intervient dans un contexte de discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la conclusion d’un nouveau programme financier.










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