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Manganèse : repli de la production nationale de 2,5% 

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Le secteur extractif gabonais traverse une zone de turbulences. Selon les données récentes de la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale (DGEPF), la production nationale de manganèse a enregistré un nouveau repli de 2,5 % sur l’ensemble de l’exercice 2025, principalement en raison de contraintes logistiques persistantes.

Pour la troisième année consécutive, le minerai de transition subit une érosion de ses volumes. Comparativement aux 9,4 millions de tonnes extraites en 2024, la production de 2025 devrait stagner aux alentours de 9,1 millions de tonnes. Ce recul prolonge la tendance négative déjà observée l’année précédente, où la production avait chuté de 5,3 %.

Un sursaut minier freiné par le rail

Malgré ce bilan annuel en demi-teinte, l’activité a montré une résilience notable en fin d’année. Au quatrième trimestre 2025, la production a bondi de 10,8 %, portée par l’excellent rendement des gisements de Moanda et de Franceville. Toutefois, cette embellie a été rapidement tempérée par des difficultés d’évacuation vers le port d’Owendo.

Le transport demeure, en effet, le principal goulet d’étranglement. À l’instar des difficultés rencontrées en 2024, le secteur subit les conséquences du Projet de Remise à Niveau du Transgabonais (PRN). Bien que nécessaires, les travaux sur la voie ferrée imposent un ralentissement de la rotation des trains minéraliers.

Des obstacles structurels et administratifs

Plusieurs facteurs internes ont aggravé cet impact négatif sur la production nationale notamment le vieillissement des installations sur le site de Ndjolé ; la lourdeur administrative, notamment les retards dans l’attribution des autorisations d’exploitation pour les sites stratégiques de Biniomi et Bordeaux et les aléas logistiques freinant l’acheminement du minerai vers l’exportation.

Si le potentiel minier du Gabon reste immense, l’année 2025 confirme que l’enjeu ne réside plus seulement dans l’extraction, mais dans la capacité du pays à moderniser sa chaîne logistique. Pour 2026, le défi sera de fluidifier le transport ferroviaire afin que le dynamisme des mines de la province du Haut-Ogooué puisse pleinement se traduire dans les statistiques nationales.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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