Guy Bertrand Mapangou : «Le Gabon doit devenir un acteur économique majeur de l’iboga»
Face à l’intérêt croissant des grandes puissances mondiales pour les ressources stratégiques africaines, le Gabon entend désormais jouer les premiers rôles. Dans un entretien exclusif accordé au quotidien L’Union ce jeudi 23 avril 2026, Guy Bertrand Mapangou, président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), tire la sonnette d’alarme et appelle à une structuration urgente de la filière iboga.
Le déclic est venu de l’autre côté de l’Atlantique. Le 19 avril dernier, le président américain Donald Trump a signé un décret autorisant les chercheurs de son pays à se pencher sur l’iboga, plante aux vertus psychoactives et thérapeutiques mondialement reconnues. Pour Guy Bertrand Mapangou, cette décision n’est pas une surprise mais une confirmation.
« Le monde s’intéresse sérieusement à l’iboga. […] Cette initiative s’inscrit dans une dynamique globale où les grandes puissances cherchent à capter des ressources stratégiques. », a-t-il relevé.
Dépasser le stade de simple gardien
Pendant longtemps, le Gabon a protégé l’iboga sous un angle purement spirituel et culturel. Aujourd’hui, cette approche ne suffit plus. Selon le président du CESEC, rester uniquement le « gardien » de cette richesse serait une « erreur historique ». L’enjeu est désormais de transformer ce patrimoine en un véritable moteur de croissance nationale.
L’objectif est clair : le Gabon doit maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur. « Le Gabon doit devenir un acteur économique majeur de l’iboga. Pas demain, mais maintenant », martèle-t-il, soulignant l’importance de transformer la ressource localement plutôt que de l’exporter brute.
Protéger la souveraineté nationale
L’un des points cruciaux soulevés lors de cet entretien concerne le respect du cadre juridique international. Guy Bertrand Mapangou insiste sur le fait que toute exploitation liée à l’iboga doit impérativement respecter le Protocole de Nagoya, qui régit l’accès aux ressources génétiques et le partage juste des bénéfices.
La menace est réelle : si le Gabon ne s’organise pas rapidement, d’autres acteurs pourraient développer des alternatives synthétiques ou utiliser des plantes similaires pour contourner l’origine gabonaise. « Si le Gabon ne se positionne pas rapidement, il risque d’être marginalisé dans une industrie issue de son propre patrimoine. », a-t-il averti.
En conclusion, l’appel du président du CESEC est un cri d’unité et d’ambition. Le pays doit agir avec lucidité pour que l’iboga ne soit plus seulement une racine sacrée utilisée dans les rites, mais le socle d’une industrie nationale innovante et souveraine.









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