Gabon : les apprenants de la Formation Professionnelle abandonnés à leur triste sort
Plusieurs apprenants des centres de formation professionnelle se retrouvent actuellement abandonnés à leur triste sort. Inscrits à la suite de concours nationaux, ces derniers dénoncent des difficultés qui compliqueraient leur accès à une qualification, mais également à l’emploi. Dans une lettre ouverte adressée à l’Agence nationale de formation et d’enseignement professionnels (ANFEP), ils interpellent les responsables du secteur sur leur situation.
Au fil des mois, les retards se seraient accumulés dans le parcours de ces jeunes. Certains cursus se seraient ainsi prolongés jusqu’à trois ans, avec des cours en attente, des modules inachevés et des stages non organisés. Des situations qui, selon la lettre, retarderaient l’achèvement des formations et l’entrée des bénéficiaires dans la vie professionnelle.
Des moyens insuffisants dans les centres
À l’origine de ces difficultés, la lettre évoque un manque de formateurs qualifiés et de matériel destiné aux travaux pratiques. Plusieurs filières seraient concernées, notamment l’électricité, la mécanique et l’informatique. L’absence de certains équipements et outils de travail limiterait ainsi la pratique nécessaire à l’apprentissage des différents métiers.
Le fonctionnement de certains centres est également mis en cause. Le suivi des établissements et des jeunes en formation est notamment questionné, tandis que la situation de responsables ayant atteint l’âge de la retraite est soulevée. La lettre demande ainsi à l’ANFEP de renforcer le contrôle et le suivi des structures placées sous sa responsabilité.
Des conséquences pour ces apprenants
Ces difficultés auraient des conséquences directes sur les parcours. Certains jeunes arrivés au terme de plusieurs années de formation seraient toujours dans l’attente d’une attestation ou d’un diplôme. Sans ces documents ni qualification clairement établie, leur accès à l’emploi ou la poursuite de leur parcours pourrait se trouver davantage compliquée.
Les familles seraient également touchées par cette situation. Après avoir accompagné financièrement leurs enfants pendant leur formation, elles espéraient les voir acquérir un métier et accéder rapidement à l’autonomie. La prolongation des parcours au-delà de la durée initialement annoncée représente donc, pour les intéressés, un retard supplémentaire dans leur insertion professionnelle.
Un audit réclamé
Face à ces difficultés, les signataires de la lettre appellent à un audit immédiat de l’ensemble des centres relevant de l’ANFEP. Ils réclament également le respect de la durée de 18 mois prévue pour les formations et la délivrance des attestations et diplômes aux jeunes arrivés en fin de cycle. Le redéploiement de certains responsables et la réintégration des stagiaires qui auraient été exclus des internats des CIMFEP de Nkok et de Vengue figurent aussi parmi leurs demandes.
À travers cette démarche, les intéressés espèrent achever leur parcours dans les conditions prévues et obtenir une qualification leur permettant d’accéder à l’emploi. Pour l’heure, leur situation interroge la cohérence des discours portés par les plus hautes autorités, qui placent la formation professionnelle et l’employabilité des jeunes parmi leurs priorités. Reste désormais à savoir si les préoccupations exprimées trouveront une réponse concrète de la part des autorités compétentes.
Heldy Oyono, Journaliste Stagiaire








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