Oyem : un pilleur de tombes interpellé avec des ossements humains
Ce qui n’était au départ qu’un contrôle de routine à l’entrée sud de la commune d’Oyem s’est transformé en une découverte profondément macabre. Au poste de police d’Ewote Mekok, les forces de l’ordre ont intercepté un sac de voyage contenant les restes d’un squelette humain presque complet. Un jeune Gabonais de 24 ans, plombier de formation résidant au quartier Vallée Sud, a immédiatement été interpellé. Selon les informations rapportées sur place par Firmin Ellebiang Mezui, journaliste indépendant, le bagage dissimulait un crâne, des côtes, un bassin et deux tibias.
Ce coup d’éclat n’est pas le fruit du hasard. Il s’agit d’une opération chirurgicale menée par la Brigade Anti-Criminalité (BAC), sous la houlette du nouveau commissaire de la ville d’Oyem, le colonel de police Nze Bekale. Tout juste promu à la tête de la sûreté urbaine, ce dernier avait tissé une toile de renseignements particulièrement efficace autour de sa juridiction.
Lorsqu’une information fiable lui signale un déplacement suspect en provenance de Libreville, le commissaire n’hésite pas. Il déploie ses spécialistes de la BAC en amont de la ville. Le piège se referme sur le passager d’un véhicule, identifié par ses initiales « ONS ». Interrogé sur le champ, le jeune homme avoue rapidement être le propriétaire de la cargaison.
Le business macabre de la frontière
Dans les locaux de la police, le suspect est passé aux aveux, dévoilant les coulisses d’un commerce effroyable. Le journaliste indépendant Firmin Ellebiang Mezui précise que les ossements proviendraient d’une sépulture profanée à Libreville il y a plus de trois mois. Plus troublant encore : l’individu n’en est pas à son premier coup d’essai. Il agissait avec un complice surnommé « Joryck », actuellement en cavale et activement recherché.
Leur réseau était bien rodé. Les deux hommes acheminaient leur marchandise jusqu’au village frontalier de Medzeng, sur l’axe reliant Oyem à la Guinée Équatoriale. Chaque cargaison humaine y était vendue pour la somme de 500 000 FCFA. Si l’identité des acheteurs reste mystérieuse, les enquêteurs redoutent les ramifications d’un trafic lié à des pratiques mystiques.
La justice promet une tolérance zéro
Face à la gravité des faits, les autorités judiciaires ont décidé de frapper fort. Le procureur de la République près le Tribunal d’Oyem, Raphaël Mangouka, a fait part de son absolue fermeté. Dans des propos recueillis par Firmin Ellebiang Mezui, le magistrat a martelé : « Nous allons faire toute la lumière sur ce dossier. Ceux qui se livrent à la profanation de sépultures et au trafic de restes humains répondront de leurs actes avec la plus grande rigueur. » Le suspect a été placé en garde à vue, tandis qu’une information judiciaire a été ouverte pour démanteler l’ensemble de ce réseau transfrontalier.










GMT TV