Gabon : le gouvernement encadre l’exploitation et la commercialisation de l’Iboga
Le Conseil des ministres du 30 avril, sous l’impulsion du Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement déclaré l’Iboga (Tabernanthe iboga) et ses dérivés comme « patrimoine stratégique national » . Une décision qui de facto met fin à des décennies de vide juridique et de biopiraterie internationale.
En effet, en s’alignant sur le Protocole de Nagoya et les traités de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), le nouveau décret réglemente désormais chaque étape de la vie du produit : de la recherche à la commercialisation, en passant par la transformation et l’exportation.
Toute activité liée à cette ressource précieuse est désormais soumise à l’autorisation préalable du Ministre de la Culture, après avis d’une nouvelle Commission technique interministérielle.
Les piliers de la réforme comprennent entre autres le partage équitable des revenus avec les communautés locales; la protection juridique des savoirs ancestraux; le contrôle strict des brevets internationaux et la création d’un Fonds souverain de l’Iboga.
L’innovation majeure réside d’ailleurs dans la création de ce Fonds souverain qui servira à développer une véritable filière industrielle locale, à financer la recherche scientifique nationale et à valoriser le patrimoine culturel gabonais. Il assurera également un partage juste et équitable des avantages entre l’État et les communautés autochtones, détentrices des savoirs traditionnels associés.
Enfin, le texte verrouille la propriété intellectuelle en encadrant les demandes de brevets portant sur les dérivés de la plante, comme l’ibogaïne. Le Gabon affirme ainsi sa volonté de ne plus être un simple fournisseur de matières premières, mais un acteur central et protégé dans l’industrie mondiale de la santé et de la spiritualité.









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