Gabon : le Forum de Libreville accouche d’une feuille de route pour l’innovation et le développement
Ce 4 mai 2026, le Forum International de Libreville pour l’Innovation et le Développement s’est achevé au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba par la restitution de ses travaux. Réunissant experts, chefs d’État et acteurs économiques, cette rencontre a débouché sur une « Déclaration de Libreville » et plusieurs partenariats destinés à accélérer la transformation économique du Gabon.
Le Gabon tente de consolider son positionnement comme plateforme de réflexion stratégique en Afrique centrale. Après une ouverture marquée le dimanche 3 mai par la présence de six chefs d’État, le Forum International de Libreville pour l’Innovation et le Développement a livré ses premières conclusions opérationnelles. Au cœur de cette séquence : une volonté affichée de dépasser les déclarations d’intention pour proposer des solutions concrètes, dans un contexte où les enjeux de diversification économique, de transformation digitale et d’attractivité du territoire s’imposent comme des priorités nationales.
Une déclaration stratégique pour structurer l’action publique et privée
Les travaux scientifiques, menés sous l’égide d’un sous-comité dédié, ont réuni une trentaine d’experts nationaux et internationaux. Leur mission : transformer les thématiques abordées en recommandations opérationnelles. Cette démarche a abouti à la rédaction de la « Déclaration de Libreville », présentée par le professeur Alfred Ngomanda, commissaire général du CENAREST.
Parmi les axes majeurs identifiés figure l’intégration de l’intelligence artificielle comme levier de compétitivité. Les experts recommandent son déploiement dans l’administration et le secteur privé afin d’accélérer la transformation numérique du pays. Dans le même temps, la question des infrastructures logistiques a été mise en avant, avec un accent particulier sur le développement de corridors régionaux capables de renforcer la position du Gabon comme hub d’échanges en Afrique centrale.
Des engagements financiers et institutionnels attendus sur le terrain
Au-delà des orientations stratégiques, le Forum a été marqué par l’annonce de la signature de plusieurs conventions entre l’État, des institutions financières et des acteurs privés. Ces engagements visent à financer des projets structurants dans des secteurs clés tels que l’agriculture, les infrastructures et l’innovation.
La souveraineté alimentaire a ainsi été identifiée comme un axe prioritaire, avec la mise en place de mécanismes de financement innovants pour soutenir les chaînes de valeur agricoles. Dans un pays fortement dépendant des importations alimentaires, cet enjeu apparaît central. Les recommandations portent également sur le renforcement de la sécurité juridique et de la transparence, considérées comme des conditions indispensables pour attirer durablement les investisseurs.
Vers une institutionnalisation du dialogue public-privé
Dans son allocution de clôture, le comité d’organisation a insisté sur la vocation du Forum à s’inscrire dans la durée. L’ambition est de faire de cette initiative une plateforme permanente de dialogue entre pouvoirs publics et acteurs économiques. Avec près de 3 000 participants et de nombreuses rencontres B2B et B2G, cette édition a permis de poser les bases d’un écosystème de coopération plus structuré. Reste désormais à transformer ces engagements en résultats concrets pour les populations.
Car au-delà de l’affichage diplomatique et institutionnel, la crédibilité de ce type de rendez-vous se mesure à sa capacité à produire des effets tangibles. Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de passer de la déclaration à l’exécution, dans un environnement économique où les attentes sociales demeurent particulièrement élevées.









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