Gabon : le développement humain fortement dépendant des ressources extractives
Le niveau de développement humain du Gabon demeure étroitement lié à l’évolution de son Revenu national brut (RNB) par habitant, une composante qui a longtemps soutenu les performances du pays en matière d’Indice de développement humain (IDH). Selon le Rapport national sur le développement humain (RNDH) 2026, la hausse du RNB observée durant les années 2000, portée par une conjoncture pétrolière favorable, a largement contribué à l’amélioration de l’IDH. Les graphiques consacrés à l’évolution du RNB montrent toutefois que cette dynamique repose essentiellement sur les revenus issus des hydrocarbures, exposant le pays aux fluctuations des marchés internationaux.
Cette dépendance aux ressources extractives révèle les limites d’un modèle économique fortement corrélé aux cycles des matières premières. Depuis 2015, la baisse des cours du pétrole, suivie des effets de la crise sanitaire de 2020, a mis en évidence la fragilité de cette croissance. Le rapport souligne que les ressources publiques, directement tributaires de ces revenus, conditionnent les investissements dans les secteurs sociaux, notamment la santé et l’éducation. Lorsque les recettes pétrolières diminuent, les marges budgétaires se contractent, compromettant ainsi la continuité des politiques destinées à améliorer durablement le bien-être des populations.
Une croissance instable
L’analyse de la variation du RNB confirme cette vulnérabilité structurelle. Les données du graphique 6 font apparaître une forte instabilité, avec 19 périodes de progression contre 15 phases de recul entre 1990 et 2024. Cette volatilité, la plus marquée des composantes de l’IDH, traduit une économie particulièrement sensible aux variations des cours mondiaux des matières premières ainsi qu’à certains facteurs internes. Cette instabilité freine la consolidation des acquis sociaux et limite la capacité du pays à inscrire son développement humain dans une trajectoire durable.
Face à ce constat, le RNDH plaide pour une transformation profonde du modèle économique gabonais. Il recommande de réduire la dépendance aux activités extractives en accélérant la diversification de la base productive vers des secteurs créateurs d’emplois et de valeur ajoutée. Agriculture, industrie de transformation, économie verte, numérique ou encore entrepreneuriat des jeunes sont identifiés comme des leviers capables d’assurer une croissance plus résiliente et inclusive. Pour les auteurs du rapport, le véritable défi n’est plus seulement de générer de la richesse, mais de convertir durablement cette richesse en progrès social au bénéfice de l’ensemble de la population.









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