Gabon : cap sur la production locale de poulet de chair pour sécuriser l’approvisionnement alimentaire
À la veille de l’interdiction des importations de poulet de chair, le Vice-président du gouvernement Hermann Immongault a reçu, ce 29 avril 2026, des investisseurs porteurs de projets avicoles. Objectif, structurer une filière locale capable de couvrir la demande nationale et créer des emplois. Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de la décision présidentielle d’interdire, à compter du 1er janvier 2027, l’importation de poulet de chair, afin de favoriser l’émergence d’une industrie avicole locale compétitive.
Parmi les porteurs de projets, José Maria Arribas, représentant de Globaltec, a présenté une approche intégrée allant de la conception des unités de production à leur exploitation. « Notre objectif est de produire 8 000 tonnes de poulet par an. Nous sommes spécialisés dans l’ingénierie et la réalisation de projets clés en main », a-t-il indiqué, soulignant l’expérience du groupe en Afrique, notamment en Angola, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Mozambique.
Un levier d’emplois et de développement territorial
L’ambition affichée est de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation, avec des solutions incluant également des mécanismes de financement adaptés. De son côté, Georges Kanaan, Directeur général de la Société Gabonaise de Production Avicole (SGPA), a détaillé un projet à forte capacité de montée en puissance. « Nous comptons produire en phase initiale 5 800 tonnes par an, avec une montée à 12 000 tonnes en régime de croisière. En soutenant les producteurs locaux, nous pouvons atteindre 30 000 tonnes par an pour la seule région de l’Estuaire », a-t-il affirmé.
Ces projets visent également à structurer un véritable écosystème économique autour de l’aviculture. Selon Georges Kanaan, près de 90 % des emplois générés seront occupés par des Gabonais, avec plus de 2 000 bénéficiaires directs et indirects attendus. « Le projet peut être déployé dans toutes les régions du pays. Dès l’obtention du foncier et de la convention d’investissement, la production peut démarrer sous 8 à 10 mois », a-t-il précisé. Ces initiatives répondent à une double exigence : réduire la dépendance aux importations et offrir des opportunités économiques aux jeunes.
Face à ces propositions, Hermann Immongault a rappelé l’importance de cette réforme pour l’économie nationale. Le coordonnateur de l’action gouvernementale a insisté sur la nécessité de structurer rapidement la filière, en mobilisant les investissements et en garantissant un cadre favorable aux opérateurs. Dans un contexte marqué par la volonté de diversifier l’économie, le développement de l’aviculture apparaît comme un levier stratégique pour renforcer la sécurité alimentaire, stimuler la production locale et créer de l’emploi.









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