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Gabon : la HAC justifie la suspension des réseaux sociaux face à la «bordélisation» du Cyberespace

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La Cour d’appel de Libreville a récemment tranché en faveur de la Haute autorité de la communication (HAC), validant sa décision de suspendre provisoirement certains réseaux sociaux. Cette sentence fait suite à une plainte du parti politique Ensemble pour le Gabon (EPG). Dans une interview accordée au quotidien L’Union ce 28 mai 2026, le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a souligné que cette décision judiciaire ne fait que confirmer la légitimité des prérogatives de l’institution qu’il dirige. 

La prolifération de contenus illicites et toxiques sur Internet a poussé la HAC à agir fermement. Loin d’une censure aveugle, cette suspension, selon le président de la HAC, visait avant tout à assainir l’espace virtuel national. Germain Ngoyo Moussavou insiste sur le fait que « l’objectif immédiat de la mesure conservatoire était de réduire l’exposition du public aux contenus illicites qui proliféraient de façon inquiétante sur les réseaux sociaux ». 

Selon lui, l’inaction n’était plus une option face aux dérives constatées. « Il y avait urgence à agir contre une « bordélisation » du cyberespace gabonais qui prenait une tournure toxique pour notre vivre-ensemble », martèle le président de la HAC.

Bien que conscients des perturbations économiques et sociales qu’une telle décision peut engendrer, les responsables de la HAC rappellent que la protection de l’ordre public reste la priorité absolue. Pour pérenniser cet assainissement, le gouvernement s’attelle désormais à concevoir des textes législatifs plus stricts pour encadrer les flux d’informations.

Parallèlement, un dialogue direct s’est noué avec les multinationales du numérique. L’objectif est de « créer un effet levier pour engager le dialogue avec les plateformes numériques globales ». Des avancées concrètes sont déjà perceptibles, notamment avec TikTok, dont les équipes forment désormais les agents de la HAC à l’utilisation d’outils de signalement rapide.

Une institution souveraine et indépendante

Face aux accusations d’ingérence ou de pressions politiques de la part du pouvoir exécutif, Germain Ngoyo Moussavou défend l’autonomie de son organisation. Il rappelle avec vigueur que la HAC est « une autorité administrative indépendante » et que ses décisions sont « souveraines, conformément à ses attributions légales et réglementaires ». 

La levée définitive des suspensions reste toutefois conditionnée à l’entrée en vigueur du nouveau cadre légal et à la réunion complète des conditions de sécurité, garantissant ainsi un retour à la normale dans un environnement numérique pacifié.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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