CHR de Ntchengué : refusant une transfusion sanguine pour des raisons religieuses, un sexagénaire décède
Un homme âgé d’une soixantaine d’années est décédé dans la nuit du lundi à Port-Gentil après avoir refusé une transfusion sanguine pourtant jugée indispensable par les médecins du Centre hospitalier régional de Ntchengué. Ce drame relance le débat sensible entre liberté religieuse, responsabilité médicale et droit à la vie.
Le drame s’est produit dans la capitale économique gabonaise, au quartier Massuku dans le 2ᵉ arrondissement de Port-Gentil. Selon plusieurs sources concordantes citées par l’Agence gabonaise de presse (AGP), le défunt, identifié sous les initiales M.O.F., était un ancien agent des Douanes souffrant d’une anémie sévère nécessitant une prise en charge urgente.
Hospitalisé depuis plusieurs jours au CHR de Ntchengué, le sexagénaire aurait refusé catégoriquement toute transfusion sanguine, invoquant les principes religieux de sa confession. Malgré les multiples explications fournies par le personnel médical sur les risques vitaux encourus, l’homme serait resté inflexible. Selon un proche, il aurait même signé un document attestant son refus volontaire de l’acte médical, affirmant préférer « mourir plutôt que d’être transfusé ».
Entre convictions religieuses et impératifs médicaux
Après plusieurs allers-retours entre l’hôpital et son domicile, son état de santé se serait progressivement détérioré avant qu’il ne succombe finalement à son domicile familial.
L’émotion était palpable dans le voisinage à l’annonce du décès. Si certains habitants saluent la fidélité du défunt à ses convictions religieuses jusqu’à son dernier souffle, d’autres s’interrogent sur les conséquences parfois tragiques de certains interdits religieux face aux exigences de la médecine moderne.
Un débat de société relancé
Les sapeurs-pompiers, les services du procureur de la République ainsi que les agents des pompes funèbres se sont rendus sur les lieux pour les constatations d’usage avant le transfert du corps à la morgue.
Au-delà du fait divers, cette affaire remet au centre des débats la question du consentement éclairé du patient, reconnu par la loi, mais également les limites auxquelles se heurtent les médecins lorsque des convictions religieuses entrent en collision avec l’urgence thérapeutique. Entre respect des libertés individuelles et devoir de sauver des vies, le sujet demeure profondément sensible dans la société gabonaise.









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