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Monaco Blue Initiative : le Gabon s’impose en leader de la gouvernance océanique africaine

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Monaco est devenue la capitale mondiale de la gouvernance océanique. Seul pays francophone invité d’honneur à la 17ème édition de la Monaco Blue Initiative (MBI), le Gabon a marqué les esprits au Musée Océanographique. Représenté par Aimé Martial Massamba, ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie Bleue, le pays a porté haut la voix de l’Afrique face aux grands défis maritimes. Au nom du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, le ministre a lancé un appel pour lier la conservation marine à des flux financiers durables et souverains.

Si le Gabon est célèbre pour ses forêts tropicales du Bassin du Congo, il s’impose désormais comme une puissance maritime. Sa façade atlantique abrite une biodiversité exceptionnelle, notamment des corridors de baleines et les plus grands sites de nidification de tortues luths au monde

Grâce au concept de « Gabon Bleu », la protection de cet espace est devenue une réalité concrète. Le pays a sanctuarisé plus de 26 % de sa Zone Économique Exclusive (ZEE) via un réseau d’Aires Marines Protégées, frôlant l’objectif mondial des « 30×30 ».

Fermeté face au pillage des ressources et innovation financière 

Le Gabon refuse de fermer les yeux sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), qui menace la sécurité alimentaire du Golfe de Guinée. Aimé Martial Massamba a fermement rappelé que l’océan ne peut être une zone de non-droit où des flottes étrangères pillent les ressources en toute impunité. Pour y faire face, Libreville mise sur la technologie : renforcement de la surveillance satellitaire, patrouilles maritimes accrues et application stricte de l’Accord sur les mesures du ressort de l’État du Port (AMREP).

Préserver l’océan exige des ressources pérennes. Le Gabon se positionne en pionnier de la finance environnementale grâce aux mécanismes de conversion de dette pour la nature et à l’étude d’obligations bleues (« Blue Bonds »). L’objectif est d’arrimer l’économie africaine à des critères ESG stricts. Devant les investisseurs et philanthropes, le ministre a exhorté la finance internationale à soutenir la construction d’infrastructures durables et d’usines de transformation locales. C’est le point de départ d’une véritable solidarité bleue où les efforts du Sud global pour le climat mondial sont enfin valorisés.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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