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Gabon : La CNR exige la libération « immédiate et sans condition » de Bilie-By-Nze

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Dans un communiqué cinglant rendu public le samedi 25 avril dernier, la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et ses partis alliés ont vigoureusement fustigé l’arrestation de l’ancien Premier ministre, Alain Claude Bilie-By-Nze, exigeant sa libération « immédiate et sans condition ».

Les faits, survenus le 15 avril dernier aux abords du domicile de l’ex-chef du gouvernement, sont qualifiés de « kidnapping » par l’opposition. La CNR décrit une opération menée par des éléments encagoulés, agissant sans mandat ni convocation préalable. Conduit manu militari dans les locaux de la Direction générale des recherches (DGR), Alain Claude Bilie-By-Nze se voit reprocher des faits d’escroquerie et d’abus de confiance. Pour la coalition, la procédure est entachée d’irrégularités manifestes « On arrête d’abord et on voit après. Nul ne peut être arbitrairement détenu au regard de notre Constitution. », a fustigé la Coalition pour la nouvelle République. 

Le spectre du « Lawfare »

Au-delà de la forme, le fond du dossier est vivement contesté. L’affaire remonterait à 2008, lors d’un événement culturel. La CNR balaie les accusations de manœuvres frauduleuses, précisant qu’il s’agissait de contributions volontaires et soulignant que les délais de prescription sont largement dépassés. La coalition dénonce une instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins de neutralisation politique, utilisant le terme de « lawfare ». Selon les signataires, cette incarcération ne vise qu’à fragiliser les voix dissidentes, au détriment de la crédibilité des institutions.

L’incarcération de l’ancien Premier ministre, confirmée par un mandat de dépôt dès le lendemain de son interpellation, cristallise les tensions entre le pouvoir en place et une opposition qui craint une dérive autoritaire. Pour la CNR, cette séquence porte un coup d’arrêt à l’indépendance de la justice et menace de rompre définitivement la confiance entre les citoyens et l’État. Alors que le procureur invoque la poursuite de l’enquête, l’opinion reste suspendue aux suites de ce bras de fer judiciaire qui prend, chaque jour un peu plus, les traits d’une crise politique majeure.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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