Gabon : la Banque mondiale pointe un sous-investissement structurel dans la Santé
Le Gabon consacre une part insuffisante de ses ressources publiques aux besoins essentiels de sa population. Bien que classé parmi les Pays à Revenu Intermédiaire de la Tranche Supérieure (PRITS), le pays alloue des montants très réduits à ses dépenses sociales. La combinaison des allocations destinées à la santé, à l’éducation et à la protection sociale représente à peine 4 % du PIB sur la période 2022-2024. Ce chiffre demeure nettement inférieur à la moyenne observée en Afrique subsaharienne. L’analyse budgétaire révèle que le système public privilégie le remboursement d’une dette élevée, l’absorption d’une masse salariale rigide et l’octroi de subventions aux carburants au détriment des investissements indispensables dans le capital humain.
Le diagnostic établi par la Banque mondiale met directement en évidence les fragilités d’un secteur de la santé sous-financé. Le rapport note ainsi que « les dépenses de santé […] représentent moins de la moitié de la moyenne observée en Afrique subsaharienne ». Cette carence budgétaire affecte gravement la disponibilité des ressources humaines et des infrastructures. L’institution internationale souligne également qu’« avec seulement 0,5 médecin pour 1 000 habitants, le Gabon se situe très en dessous des normes régionales et internationales », un niveau cinq fois inférieur à la moyenne des pays de sa catégorie. Cette pénurie de personnel médical qualifié dégrade l’accès aux soins pour l’ensemble des citoyens.
Des arbitrages budgétaires défavorables
Face à ces contraintes structurelles, la répartition des ressources publiques aggrave les déséquilibres existants. Le rapport indique en effet que « les subventions régressives aux carburants ont coûté 1 % du PIB en 2024, soit un montant équivalent au budget total consacré à la santé ». Ces transferts financiers profitent principalement aux ménages les plus aisés au lieu de soutenir l’offre de soins primaires. En outre, l’accumulation massive d’arriérés de paiement et la faible concurrence dans la passation des marchés publics réduisent l’efficacité des crédits restants. Le secteur sanitaire subit de plein fouet cette mauvaise allocation des fonds.
Pour sortir de cette impasse financière, une réorientation stratégique s’impose afin de redonner la priorité aux services sociaux de base. La Banque mondiale préconise une rationalisation des exonérations fiscales, une meilleure maîtrise de la masse salariale publique et une suppression progressive des subventions inefficientes. Les économies budgétaires ainsi dégagées permettraient de renforcer durablement le système de santé, de recruter des professionnels qualifiés et d’améliorer la couverture sanitaire sur l’ensemble du territoire gabonais. La restauration des investissements sociaux constitue une condition indispensable pour assurer un développement inclusif et résilient.








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