Gabon : gouvernance, climat des affaires, dépenses publiques… l’alerte du FMI
Le Fonds monétaire international (FMI), dans son rapport Perspectives économiques régionales – Afrique subsaharienne : des progrès durement acquis et mis à l’épreuve publié en avril 2026, dresse un tableau contrasté de l’économie gabonaise. L’institution souligne que le Gabon conserve une stabilité macroéconomique relative grâce aux revenus tirés du pétrole, du manganèse et de l’exploitation forestière. La croissance économique a atteint 3,4 % en 2024, après plusieurs années de progression modérée. Mais le FMI rappelle que, sur plus de dix ans, la croissance moyenne du pays reste limitée à 1,9 % par an, un rythme insuffisant pour répondre à la pression démographique et à l’amélioration du niveau de vie des populations.
Le rapport met surtout en lumière les fragilités structurelles de l’économie gabonaise. Malgré les performances du secteur extractif, la diversification demeure limitée et le revenu par habitant reste inférieur de 25 % à son niveau des années 1970. Entre 2017 et 2024, la part du secteur primaire dans le PIB est passée de 19,6 % à 23 %. Le FMI alerte également sur l’endettement public, estimé entre 70,5 % et 73,1 % du PIB en 2024, au-dessus du seuil communautaire de la CEMAC fixé à 70 %. À cela s’ajoute un déficit primaire hors pétrole proche de -14 % du PIB hors pétrole entre 2022 et 2023, révélateur de la forte dépendance des finances publiques aux recettes pétrolières.
Améliorer la gouvernance
Si certains indicateurs restent favorables, notamment une inflation contenue à 1,2 % et un excédent du compte courant de 3,9 % du PIB, le FMI estime que ces résultats masquent des déséquilibres profonds. Les dépenses d’investissement public stagnent autour de 3 % du PIB, tandis que les dépenses courantes, principalement les salaires, absorbent plus des deux tiers du budget de l’État. L’institution note aussi une baisse de la productivité globale des facteurs, passée de 1,15 en 2005 à environ 0,9 en 2024, signe d’une perte d’efficacité de l’économie. Malgré des recettes publiques évaluées à 2 352,4 milliards FCFA en 2022, la transformation structurelle du pays reste limitée.
Face à ces constats, le FMI appelle les autorités gabonaises à accélérer les réformes de gouvernance publique, à renforcer la maîtrise des dépenses de l’État et à améliorer le climat des affaires afin de stimuler l’investissement privé. L’institution recommande également de réformer les entreprises publiques et d’intensifier la diversification économique pour réduire la dépendance au pétrole. Selon le FMI, si les pays d’Afrique subsaharienne, dont le Gabon, parviennent à combler la moitié de leur retard en matière de gouvernance et de réglementation économique, leur production pourrait augmenter de 20 % sur une période de cinq à dix ans.









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