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Gabon : Flavienne Adiahenot appelle à mesurer la «rupture» dans le quotidien de la population 

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Trois ans après le « Coup de la Libération » du 30 août 2023, Flavienne Adiahenot appelle à dépasser la seule commémoration pour interroger les effets concrets de la rupture politique dans la vie des Gabonais. Dans une publication diffusée ce dimanche 30 août 2026, l’ancienne députée de la Transition et membre de l’Union Nationale reconnaît les changements intervenus et les chantiers engagés, tout en estimant que le véritable bilan doit être recherché dans l’accès à l’eau, à l’électricité, aux soins, à l’éducation, à l’emploi et dans la manière dont l’État accompagne les citoyens, notamment ceux affectés par les opérations de déguerpissement.

Pour Flavienne Adiahenot, le 30 août 2023 demeure « un point de bascule » de l’histoire récente du Gabon. Mais trois ans après, l’espérance née de la chute de l’ancien régime doit désormais être confrontée à une interrogation plus exigeante : « Cette rupture politique s’est-elle traduite dans le quotidien des Gabonais ? » Une question qui déplace le débat du changement institutionnel vers l’efficacité des politiques publiques et la capacité de la Ve République à améliorer concrètement les conditions de vie.

« Au service de qui l’État agit-il ? »

« Des choses ont bougé, c’est indéniable. Un nouveau cycle politique s’est ouvert, des chantiers ont été lancés », reconnaît Flavienne Adiahenot. Pour autant, l’ancienne parlementaire estime que la transformation ne peut être appréciée uniquement à travers les infrastructures réalisées, les réformes engagées ou les discours officiels.

Elle place plutôt le citoyen au centre de son appréciation de l’action publique. « Au service de qui l’État agit-il ? », interroge-t-elle, avant de répondre : « D’abord pour le citoyen. » Selon elle, chaque réforme, budget, nomination ou projet d’urbanisme devrait ainsi être évalué à partir de ses conséquences sur celui « qui se lève chaque matin, qui travaille, qui élève ses enfants ».

Les déguerpissements comme test de la promesse de protection

Flavienne Adiahenot consacre une partie significative de son propos aux opérations de déguerpissement. Sans en contester systématiquement la nécessité dans le cadre de l’aménagement urbain, elle estime que leur mise en œuvre devrait davantage intégrer « dialogue », « anticipation » et « véritable accompagnement des populations concernées ».

L’enjeu est éminemment politique : éviter que des familles affectées par les transformations urbaines aient le sentiment d’être abandonnées par l’État. « L’élan de libération de 2023 ne devrait jamais, pour aucune famille, se transformer en sentiment d’insécurité », insiste-t-elle. Une manière de rappeler que la modernisation des villes ne saurait être dissociée de ses conséquences humaines et sociales.

L’eau, l’électricité et l’emploi comme véritables indicateurs

L’ancienne députée de la Transition invite surtout à déplacer les critères d’évaluation du changement. « Une transformation réelle ne se décrète pas. Elle se lit dans l’eau qui coule, dans l’électricité disponible, dans une école qui forme vraiment, des soins accessibles, des emplois créés, des quartiers stables », écrit-elle.

Cette lecture rejoint directement l’un des principaux défis auxquels la Ve République est désormais confrontée : transformer les réformes et investissements engagés en amélioration perceptible des services essentiels. « Le vrai bilan de ce jour-là ne se lit pas dans les discours officiels », poursuit-elle, mais « dans les quartiers, les villages, les familles, les écoles, les hôpitaux ».

Faire de l’espérance de 2023 une politique publique

Flavienne Adiahenot appelle enfin à une République dans laquelle « le mérite prime sur les réseaux », « la compétence l’emporte sur la proximité » et « la justice s’applique à tous, de la même manière ». Elle ne nie donc pas les changements intervenus depuis 2023, mais demande que la rupture revendiquée soit prolongée par une transformation durable des pratiques de l’État.

« Une rupture se mesure à la constance avec laquelle l’État reste présent aux côtés de chacun de ses citoyens », résume-t-elle. Trois ans après le 30 août 2023, son interpellation ramène ainsi la Fête de la Libération à une question fondamentale : au-delà de la rupture politique et des symboles, l’espérance née ce jour-là devra désormais être jugée à ce qu’elle produit réellement dans la vie des Gabonais.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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