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Gabon : Chouchou Lazare décoré de l’Ordre du Mérite gabonais, la reconnaissance d’un parcours au service de la mode nationale

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Le styliste gabonais Chouchou Lazare a été décoré de l’Ordre du Mérite gabonais le 17 août 2026, au boulevard de la Nation, sur la place des Fêtes de Libreville, à l’occasion des cérémonies marquant le 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon. Remise avant le défilé, cette distinction vient reconnaître le parcours de l’une des figures de la création vestimentaire nationale, dont le travail autour du raphia et des matières locales contribue depuis plus de deux décennies à donner une visibilité internationale à la mode gabonaise.

Des ateliers de Libreville aux podiums internationaux, le parcours de Chouchou Lazare s’est construit autour d’une même ambition : faire du vêtement un espace d’expression de l’identité gabonaise. La décoration reçue le 17 août prend ainsi une résonance particulière pour un créateur qui défend depuis plusieurs années la reconnaissance institutionnelle de la mode, de l’artisanat et, plus largement, des industries créatives. Une trajectoire documentée notamment par Éveil Citoyen, qui présentait en juin dernier le styliste comme un créateur rêvant « d’habiller l’identité gabonaise ».

De l’atelier de sa mère à la reconnaissance nationale

Titulaire d’une licence en marketing, mais autodidacte dans le stylisme, Chouchou Lazare découvre la couture dès l’enfance. À neuf ans, il accompagne déjà sa mère dans ses travaux de confection. Quelques années plus tard, encore lycéen, il organise ses premiers défilés. « J’ai toujours voulu faire de la mode », expliquait-il dans un entretien publié par Éveil Citoyen.

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Son apprentissage s’effectue au contact de figures de la création africaine et gabonaise. Le styliste cite notamment Gisèle Gomez et Alphadi parmi les personnalités ayant marqué son parcours. Progressivement, il développe une identité propre, caractérisée notamment par l’utilisation du raphia gabonais, qu’il travaille dans des créations contemporaines sans rompre avec la charge culturelle et symbolique de cette matière.

Le raphia comme signature

La reconnaissance internationale intervient notamment en 2002, lorsque Chouchou Lazare remporte le premier prix du meilleur défilé de mode à la Biennale internationale du design de Saint-Étienne, en France. Plus de vingt ans plus tard, son travail continue de circuler hors des frontières gabonaises. En février 2026, il reçoit à Paris un Achievement Award lors du Fashion Annual Show, distinction saluant son parcours.

Sa signature demeure intimement associée au raphia. « C’est le raphia du Gabon. Il est particulier, il est tissé très fin, c’est un textile qui mérite d’être montré », expliquait-il à l’AFP en février 2026. En novembre 2025, ses créations avaient notamment été présentées devant Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron lors de la visite d’État du président français au Gabon, une séquence que le styliste avait qualifiée de « grand moment ».

Une distinction au-delà du parcours individuel

Président de l’Association des stylistes et créateurs gabonais, Chouchou Lazare entend également inscrire son travail dans une dynamique collective. Il défend une meilleure structuration de la filière, le développement du prêt-à-porter, la formation des jeunes créateurs et une plus grande prise en compte des métiers de la mode dans les politiques publiques. Éveil Citoyen rapporte notamment son ambition de voir émerger un musée du vêtement gabonais et un département consacré à la mode au sein de l’Université Omar Bongo.

La décoration reçue le 17 août 2026 peut ainsi être lue comme la reconnaissance d’un parcours individuel, mais également d’un secteur qui cherche encore à consolider sa place dans l’économie culturelle gabonaise. Pour celui qui considère que « quand un Gabonais va à la chasse, ce sont tous les Gabonais qui mangent », la consécration intervient au moment où la valorisation du savoir-faire local occupe une place croissante dans le discours public. De l’enfant qui observait sa mère derrière une machine à coudre au créateur décoré sur le boulevard de la Nation, Chouchou Lazare aura surtout fait du vêtement un moyen de raconter le Gabon, jusque sur les scènes internationales.

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