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Gabon : 149,3 millions de FCFA pour sortir le Conseil national de la jeunesse de sa léthargie

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Le gouvernement gabonais veut remettre sur pied le Conseil national de la jeunesse gabonaise (CNJG), une structure dont le fonctionnement est depuis plusieurs années fortement ralenti. Réuni le 6 octobre 2026 à Libreville autour du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, l’exécutif a examiné l’état d’avancement du processus de normalisation présenté par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Paul Ulrich Kessany. La restructuration, évaluée à 149,303 millions de FCFA, doit notamment revoir les textes, la gouvernance et la représentativité du Conseil, avec l’objectif de disposer d’une nouvelle instance opérationnelle d’ici fin novembre.

Remettre le CNJG en activité ne devrait toutefois pas se résumer à lui redonner des moyens financiers ou à renouveler ses instances dirigeantes. Après une longue période de fonctionnement au ralenti, la réforme pose une question plus fondamentale : quelle place le Conseil doit-il réellement occuper dans la représentation des jeunes et dans l’élaboration des politiques publiques qui les concernent ? Le gouvernement souhaite en faire un « instrument consultatif de compétences », susceptible notamment d’accompagner la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Une ambition qui devra désormais être traduite dans les textes et surtout dans le fonctionnement quotidien de l’institution.

149,3 millions pour remettre le CNJG sur pied

Le coût estimatif du processus de normalisation et de restructuration s’élève précisément à 149 303 000 FCFA. Cette enveloppe doit accompagner notamment la révision des textes fondamentaux du Conseil ainsi que la mise en place des moyens nécessaires à son fonctionnement. Le processus est conduit sous l’encadrement du Comité de normalisation institué par l’arrêté n°00011/MJSRCAVA/CAB-M.

À l’issue de la réunion du 6 octobre, Paul Ulrich Kessany a indiqué que le chantier devait désormais entrer dans une nouvelle phase. « À l’issue de ces travaux, nous avons eu des recommandations du vice-président du gouvernement de poursuivre le processus de normalisation », a déclaré le ministre. Les départements chargés de la Réforme, de l’Intérieur et des Finances devraient notamment être associés aux prochaines étapes.

Représentativité et gouvernance à revoir

La réforme annoncée repose sur trois principaux axes. Le premier concerne la représentativité du CNJG, avec une modernisation envisagée des modes de scrutin et de la composition de l’instance. Le deuxième porte sur sa gouvernance, notamment à travers l’organisation de démembrements provinciaux et départementaux ainsi qu’une représentation auprès de la diaspora gabonaise.

Le troisième chantier touche directement à la raison d’être du Conseil : son rôle consultatif dans l’élaboration des politiques publiques destinées à la jeunesse. L’enjeu sera de déterminer comment cette consultation sera organisée et quelle capacité réelle le CNJG disposera pour faire remonter les préoccupations d’une jeunesse aux profils très différents, entre étudiants, jeunes travailleurs, entrepreneurs, demandeurs d’emploi, associations et Gabonais établis à l’étranger.

Le statut juridique, une question encore à trancher

Un point demeure toutefois en discussion : le statut juridique de la future organisation. Selon les éléments présentés par le gouvernement, l’Union panafricaine de la jeunesse recommande des conseils nationaux constitués sous une forme associative ou relevant de la société civile, tandis que les recommandations issues du Dialogue national plaident pour une institutionnalisation du CNJG.

Cette divergence oblige les autorités à déterminer un modèle compatible avec l’ordre juridique gabonais. « Il ne faudra pas que nous soyons à porte-à-faux avec la Constitution et les lois en vigueur au Gabon », a prévenu Paul Ulrich Kessany. Une réunion interministérielle doit donc approfondir cette question avant l’adoption définitive du dispositif.

Fin novembre, première échéance pour le gouvernement

L’exécutif entend achever le processus d’ici fin novembre 2026. Le calendrier apparaît donc particulièrement resserré puisqu’il faudra, en quelques semaines, régler la question juridique, finaliser les textes, préciser les règles de représentation et mettre en place les conditions matérielles du fonctionnement de la nouvelle instance.

Mais la véritable réussite de cette restructuration se mesurera après son installation. Avec 149,3 millions de FCFA mobilisés pour sa remise en ordre, le futur CNJG devra démontrer sa capacité à fonctionner durablement, à représenter effectivement la diversité de la jeunesse gabonaise et à produire des contributions utiles aux politiques publiques. Après les textes et les moyens, c’est donc sur son indépendance de fonctionnement, sa représentativité et ses résultats que la nouvelle architecture sera attendue.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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