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Insalubrité : le réveil soudain des maires après des années d’alerte

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L’insalubrité n’est plus un simple problème de cadre de vie au Gabon, elle s’est progressivement installée dans les habitudes, au point de devenir presque une norme dans plusieurs grandes villes du pays. De Libreville à Port-Gentil, en passant par Oyem, les ordures jonchent les espaces publics, les caniveaux sont obstrués et certaines artères donnent l’impression d’avoir été abandonnées. Pourtant, il aura fallu que le gouvernement hausse le ton pour que les municipalités semblent soudainement prendre la mesure de l’urgence.

Récemment, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a donné trois mois aux maires du Grand Libreville pour présenter des résultats concrets dans la lutte contre l’insalubrité. Depuis, les opérations se multiplient. À Libreville, le maire Eugène M’ba a notamment procédé à la remise de camions aux différentes mairies d’arrondissement. Une dotation destinée à renforcer les opérations de nettoyage et d’entretien des espaces publics, alors que l’exécutif attend désormais des résultats visibles. Une mobilisation qui interroge toutefois sur le moment choisi pour agir.

En effet, la question mérite d’être posée. Fallait-il attendre un ultimatum gouvernemental pour que l’insalubrité devienne une priorité municipale ? Depuis plusieurs années, les alertes se succèdent. Les populations dénoncent les dépôts sauvages, l’accumulation des ordures et l’état dégradé de certains espaces publics. Les maires, eux, sillonnent régulièrement les artères de leurs communes et ne peuvent ignorer cette réalité. Pourquoi, dès lors, cette accélération intervient-elle seulement maintenant ? S’agit-il d’une véritable prise de conscience ou d’une réaction à la pression exercée par l’exécutif ?

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Une urgence ancienne, une réaction tardive

Le paradoxe est d’autant plus frappant que le problème ne se limite pas à Libreville. À Port-Gentil, la municipalité mène également des opérations de nettoyage. Dans le Grand Libreville, Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum font face à une difficulté commune, l’incivisme d’une partie des populations, mais aussi la question de l’efficacité et de la régularité de la réponse municipale. Car discipliner les populations ne peut constituer l’unique réponse. Encore faut-il faire appliquer les sanctions prévues, assurer une collecte régulière des déchets et maintenir les espaces nettoyés dans la durée. 

Autrement, chaque opération risque de devenir un simple coup de propre destiné à répondre à l’urgence du moment. Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de nettoyer les villes pendant trois mois, mais de savoir si les municipalités peuvent inscrire cette action dans une politique permanente.

Nettoyer sous pression, mais jusqu’à quand ?

Reste donc une question essentielle à savoir que se passera-t-il au terme des trois mois ? Si les camions circulent moins, si les opérations diminuent et si les sanctions restent peu appliquées, les ordures finiront-elles par reprendre leur place dans les rues ? Le véritable test des municipalités ne sera pas seulement de produire des résultats sous pression, mais de démontrer leur capacité à maintenir la propreté lorsque la pression retombera. Car une ville propre ne devrait pas être une réponse à un ultimatum, mais une obligation permanente de l’action municipale.

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