Élections au CNOG : le sport gabonais à l’heure du grand ménage
Le Comité National Olympique Gabonais (CNOG) s’apprête à vivre l’un des scrutins les plus tendus de son histoire. Alors que trois listes s’affrontent pour la présidence, l’enjeu a largement dépassé le cadre d’une simple compétition sportive pour devenir un véritable procès de la gestion financière de l’institution.
Le premier séisme a eu lieu en mars 2025. Lors d’une Assemblée Générale restée dans les mémoires, les membres ont massivement rejeté le rapport financier de Crésant Pambo, président sortant et candidat à sa propre succession. Ce vote sanction, motivé par l’incapacité de l’exécutif à justifier l’usage de fonds importants, fragilise la candidature de l’actuel dirigeant. À ce camouflet institutionnel s’ajoute le spectre des JO de Paris 2024, où des soupçons de détournement de près de 260 millions de CFA planent encore, malgré l’absence actuelle de procédure judiciaire formelle.
L’ombre des enquêtes
Mais le malaise ne s’arrête pas à la liste sortante. Le camp du Général Pango Mbembo est lui aussi dans la tourmente. Son colistier, José Walter Foula, ancien Secrétaire Général de l’instance, serait visé par une enquête de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI). On lui reprocherait une « distraction » présumée de 60 millions de CFA. Bien que la présomption d’innocence prévale, la présence de profils ainsi contestés interroge sur la volonté réelle de renouveau de cette liste.
L’alternative de la transparence
Face à ces turbulences, la liste du Dr Marcel Mbele-Loussou tente d’incarner une « troisième voie » éthique. Épargnée par les scandales, son équipe mise sur une promesse de rupture totale : traçabilité absolue des ressources et reddition de comptes annuelle. Reste à savoir si ce profil saura se démarquer lors de l’éléction à venir.
Pour le Gabon, l’enjeu est aussi diplomatique. Le Comité International Olympique (CIO), très strict sur l’Agenda 2020+5, observe de près cette crise. Une élection entachée ou le maintien de pratiques opaques pourrait isoler le sport gabonais et couper les vannes du financement international. Le prochain vote ne désignera pas seulement un homme, mais le futur visage, probe ou compromis, de l’olympisme national.









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