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Économie bleue : Hugues Ongoundou propose de faire du yachting un nouveau levier d’attractivité pour le Gabon

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De retour du Cannes Yachting Festival, Hugues Ongoundou, président de la Fédération des Communautés Africaines des Alpes-Maritimes et de Monaco (FCAAM), entrepreneur et yacht broker, invite le Gabon à explorer le potentiel économique du nautisme haut de gamme. Dans une réflexion adressée au président Brice Clotaire Oligui Nguema, il propose notamment d’étudier la création d’un « Libreville Yachting Festival International », le développement de marinas à Libreville, Owendo et Mayumba ainsi que la formation des jeunes aux métiers du nautisme. Une proposition encore au stade de la réflexion, mais qui pose plus largement la question de la valorisation économique des quelque 800 kilomètres de façade maritime gabonaise.

Et si le Gabon regardait davantage vers l’Atlantique pour diversifier son économie ? C’est, en substance, la proposition développée par Hugues Ongoundou après sa participation au Cannes Yachting Festival. Loin de réduire le yachting à l’univers du luxe, l’entrepreneur y voit un écosystème susceptible d’agréger construction et réparation navales, maintenance, électronique, assurance, finance, hôtellerie, restauration, sécurité, transport, tourisme et événementiel. « Le yachting n’est pas seulement une industrie du luxe. Il peut devenir un écosystème économique complet, créateur d’emplois, de compétences, d’investissements et de visibilité internationale », défend-il.

Des marinas de Libreville à Mayumba

La réflexion engagée avec plusieurs partenaires repose notamment sur la possibilité de développer des infrastructures nautiques modernes à Libreville, Owendo et Mayumba. Chaque territoire répondrait à une logique différente : la capitale comme porte d’entrée touristique et d’affaires, Owendo en s’appuyant sur sa vocation portuaire et logistique, et Mayumba comme destination associant plaisance, biodiversité et écotourisme haut de gamme.

middle ban bien plus que du sport

Pour Hugues Ongoundou, la marina ne devrait toutefois pas être pensée comme un simple équipement destiné à accueillir des bateaux. Elle pourrait alimenter toute une économie locale autour de l’avitaillement, de la maintenance, des transports, de l’hébergement, de la restauration et des excursions touristiques. « Elle pourrait devenir un symbole de transformation, une porte d’entrée vers le Gabon et un accélérateur d’attractivité internationale », estime-t-il. Une ambition qui supposerait néanmoins des études de faisabilité, des investissements importants, un modèle économique viable ainsi qu’un cadre environnemental particulièrement exigeant, notamment dans des zones à forte valeur écologique comme Mayumba.

Un « Libreville Yachting Festival International » en réflexion

Autre proposition : créer à terme un « Libreville Yachting Festival International ». L’idée serait de dépasser le simple salon d’exposition de bateaux pour réunir constructeurs, brokers, investisseurs, institutions financières, professionnels portuaires, entreprises de maintenance, acteurs touristiques et spécialistes de l’économie bleue.

Le rendez-vous pourrait également intégrer des rencontres professionnelles, des conférences et des présentations de projets d’investissement. « Il ne s’agit pas de vouloir reproduire Cannes au Gabon », précise Hugues Ongoundou. L’ambition serait plutôt de construire « un véritable pont entre les savoir-faire de la Méditerranée et les immenses potentialités de la façade atlantique gabonaise ». Une coopération entre la Côte d’Azur et le Gabon serait ainsi actuellement à l’étude avec différents partenaires.

Faire des Gabonais les acteurs de cette nouvelle économie

Le principal enjeu reste toutefois celui du contenu local. Faire escale à Libreville avec des yachts internationaux aurait peu d’impact structurel si l’essentiel des prestations, des compétences et de la valeur ajoutée demeurait importé. Hugues Ongoundou propose donc d’accompagner les éventuelles infrastructures par des formations professionnelles dans la mécanique nautique, l’électronique marine, la gestion portuaire, la sécurité, la logistique, l’environnement marin, le tourisme ou encore l’événementiel.

« L’objectif [est de] ne pas simplement accueillir une activité internationale, mais permettre aux jeunes Gabonais d’en devenir les acteurs », souligne-t-il. C’est probablement sur ce terrain que la proposition trouverait sa principale justification économique : utiliser une clientèle internationale à fort pouvoir d’achat pour faire émerger des entreprises, des emplois qualifiés et des compétences gabonaises, plutôt que d’en faire uniquement un nouveau segment de consommation haut de gamme.

De l’ambition maritime à la viabilité économique

La proposition intervient enfin dans un contexte où le Gabon cherche à réduire sa dépendance aux secteurs extractifs et à développer de nouveaux moteurs de croissance. Pour Hugues Ongoundou, l’océan pourrait contribuer à modifier l’image internationale d’un pays encore largement identifié au pétrole, au manganèse et au bois, en valorisant parallèlement son tourisme, sa biodiversité et son économie bleue.

Reste désormais à passer de l’intuition à l’évaluation. Un réseau de marinas et un festival international nécessiteraient de documenter le marché potentiel, les flux de yachts susceptibles de fréquenter les côtes gabonaises, les investissements nécessaires, la rentabilité attendue, les contraintes environnementales et les retombées réellement accessibles aux entreprises et travailleurs locaux. « Le Gabon n’a pas besoin de devenir un autre Cannes. Il peut devenir le premier Gabon », résume Hugues Ongoundou. Une formule ambitieuse qui renvoie désormais à une question très concrète : dans quelle mesure le pays peut-il transformer son ouverture sur l’Atlantique en emplois, investissements et valeur ajoutée durable pour les Gabonais ?

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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