Droits humains : le Gabon, pays de « torture et de violences » selon l’OMCT !
Alors que les autorités gabonaises en charge des droits de l’homme passe au grill de l’examen périodique du Comité contre la torture des Nations unies, un rapport alternatif tend à relativiser l’image de transition apaisée projetée par le nouveau pouvoir. Co-rédigé par l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et plusieurs acteurs de la société civile, dont SOS-Prisonniers Gabon, le document daté d’avril 2026 dresse le portrait d’un Gabon qui évoluerait aux antipodes de la Convention contre la torture.
Le rapport téléchargeable sur les plateformes numériques de l’OMCT repose sur une analyse méticuleuse d’une mécanique de la violence logée au cœur même des lieux de privation de liberté. Il en ressort que dans les commissariats et les services de sécurité, la torture ne serait pas une anomalie, mais un outil fonctionnel. Coups systématiques, détentions au secret et coercition psychologique sont documentés comme des leviers courants pour extorquer des aveux. Et ce, au mépris de la loi et de la dignité humaine. Sapristi !
Le Gabon sur les traces des régimes autoritaires ?
L’OMCT pointe dans ce rapport intitulé « Gabon : « C’est enfin notre essor vers la félicité » : Perspectives de la société civile pour des réformes efficaces dans la lutte contre la torture », l’existence de centres de détention non officiels. Selon les auteurs dudit rapport, il s’agirait de véritables zones de non-droit qui échapperaient à tout contrôle judiciaire. Toute chose qui laisserait les gardés à vue à la merci de traitements dégradants sans aucun accès à un avocat. À noter qu’il plane le spectre de 2016 et l’impunité qui serait en héritage dans la 5eme République.
Le dossier revient sur les violences postélectorales de 2016. Une plaie sociale jamais refermée qui naturellement peine à cicatriser. Puisque 10 ans, l’absence totale d’enquêtes indépendantes sur l’usage de balles réelles et les arrestations massives par les forces de sécurité souligne une « défaillance structurelle de responsabilité ». Pour les rédacteurs, cette impunité historique encourage les dérives actuelles, notamment le ciblage systématique des défenseurs des droits de l’homme et des syndicalistes, souvent maintenus au secret pour museler l’espace civique.
OMCT pour une réforme urgente afin de garantir un cadre apaisé
Face à ce réquisitoire des plus sanglants si on s’arrête aux dénonciations qui y sont contenues, le rapport impose un agenda de réformes urgentes pour sortir le pays de cette zone grise. Une démarche qui démontre qu’il ne s’agissait pas de condamner tous azimuts sans proposer une voie de sortie. Premier acte clé suggéré, la refonte pénale qui passe l’alignement de l’article 224 du Code pénal sur les standards onusiens pour que la torture soit imprescriptible. Car dans l’écriture actuelle, il règne assurément des zones d’ombres qui empêchent des réelles actions judiciaires.
L’OMCT prône également pour l’opérationnalisation, sans délai, du Mécanisme national de prévention de la torture (MNPT). Ce dernier va, in fine, permettre d’autoriser le monitoring des prisons par la société civile. Les lanceurs d’alerte ne sont pas oubliés puisqu’il est exigé leur protection via une loi contre les représailles judiciaires. Alors que le Gabon annonces des réformes politiques depuis 2023, l’OMCT rappelle sans une rupture nette avec les pratiques de coercition physique, l’État de droit restera un concept de tribune politique. À bon entendeur…









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