Diplomatie : le FDS dénonce l’absence de femmes à la représentation permanente du Gabon auprès de l’ONU
À l’occasion de la célébration de la Journée des Nations unies, ce mardi 27 octobre 2026 à Libreville, Jean Pierre Antchoue, vice-président chargé de l’International et de la Diaspora du Front démocratique socialiste (FDS), a plaidé pour une meilleure représentation des femmes dans la diplomatie gabonaise. Selon le responsable politique, aucune femme n’aurait jusqu’ici dirigé la représentation permanente du Gabon auprès des Nations unies à New York, malgré les progrès enregistrés dans l’accès des femmes aux fonctions diplomatiques.
La célébration différée de la Journée des Nations unies, organisée dans la salle Georges-Damas-Aleka de l’Assemblée nationale, a donné lieu à une réflexion sur la place des femmes dans la conduite des relations internationales du Gabon. Alors que cette commémoration du 81e anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte des Nations unies s’articule autour du thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous », Jean Pierre Antchoue estime que les ambitions gabonaises en matière de multilatéralisme doivent également s’accompagner d’une évolution des pratiques de nomination aux postes diplomatiques stratégiques.
Une absence féminine à la représentation permanente de New York ?
Dans une déclaration rendue publique à cette occasion, le vice-président du FDS attire l’attention sur la représentation permanente du Gabon auprès des Nations unies à New York. « À ce jour, aucune femme gabonaise n’aurait été nommée représentante permanente de notre pays auprès des Nations unies à New York parmi les 17 représentants déjà nommés à ce poste », affirme-t-il. Une situation qu’il présente comme révélatrice des obstacles persistants à l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités diplomatiques.
Ce constat, formulé au conditionnel par le responsable politique, appelle néanmoins une vérification à partir de la liste officielle des représentants permanents successifs du Gabon. Il soulève une interrogation plus large sur les critères de nomination et les perspectives de carrière offertes aux diplomates gabonaises. Pour Jean Pierre Antchoue, la représentation internationale du pays ne devrait pas se limiter à une présence féminine dans certaines ambassades, mais s’étendre aux fonctions les plus influentes du système multilatéral.
Treize ambassadrices en poste, mais des responsabilités à élargir
Le responsable du FDS relève que treize femmes occupent actuellement, selon les chiffres qu’il avance, des fonctions d’ambassadrices à l’étranger. Il cite également la présence de Marie-Édith Tassima-Ye-Doumbeneny à la tête du ministère des Affaires étrangères comme un signe de l’évolution de la place des femmes dans l’appareil diplomatique gabonais. Ces avancées ne devraient toutefois pas, à ses yeux, masquer les disparités susceptibles de subsister dans l’attribution des postes les plus stratégiques.
« Il est donc temps d’appeler nos autorités à promouvoir davantage les compétences féminines dans la diplomatie gabonaise et à donner une impulsion nouvelle à leur présence dans les instances multilatérales », soutient Jean Pierre Antchoue. Son plaidoyer intervient dans un contexte où la question de la représentativité africaine au sein des institutions internationales, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies, demeure un sujet majeur des discussions diplomatiques.
Vers une politique de nomination plus inclusive ?
Au-delà de la seule représentation permanente auprès de l’ONU, cette prise de position pose la question de l’égalité des chances dans les parcours diplomatiques. Le responsable politique appelle à inscrire la promotion des femmes dans une démarche continue, reposant sur la reconnaissance des compétences, l’accès aux responsabilités et une plus grande transparence des perspectives professionnelles. Il estime que cette préoccupation ne devrait pas être limitée aux célébrations consacrées aux droits des femmes.
Pour les autorités gabonaises, l’enjeu serait ainsi de concilier les ambitions internationales du pays avec une politique de représentation davantage ouverte à l’ensemble des compétences nationales. La publication de données détaillées sur les nominations diplomatiques, leur répartition entre femmes et hommes ainsi que les responsabilités effectivement exercées permettrait d’apprécier plus précisément les progrès réalisés. Car la question soulevée par le FDS dépasse le symbole d’une nomination : elle concerne la place réelle des femmes gabonaises dans les espaces où se négocient les grandes orientations internationales.








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