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Dienga : école fermée, dispensaire abandonné… le lent effacement d’un village de la Boumi-Louetsi

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À une vingtaine de kilomètres de Mbigou, dans le département de la Boumi-Louetsi (Ngounié), le village de Dienga incarne les difficultés auxquelles restent confrontées de nombreuses localités de l’intérieur du Gabon. Entre une école envahie par les hautes herbes et un dispensaire fermé depuis plus d’une décennie, les habitants dénoncent un recul progressif des services publics, qui pousse les familles à quitter le village et fragilise son avenir.

À Dienga, le silence qui entoure les infrastructures publiques en dit long sur les défis auxquels fait face cette communauté. L’école primaire, autrefois animée par les cris des élèves, est aujourd’hui recouverte par une végétation abondante. À quelques mètres, la maison de fonction du directeur connaît le même sort, symbole d’un établissement qui n’accueille plus aucun enfant depuis plusieurs années.

L’école victime des absences répétées des enseignants

Pour le chef du village, la fermeture de l’école trouve son origine dans les difficultés d’encadrement pédagogique. Selon lui, les absences prolongées des enseignants ont progressivement découragé les parents. « Les enseignants partaient parfois pendant un mois pour aller percevoir leur salaire. Lorsqu’ils revenaient, ils ne faisaient cours que deux semaines avant de repartir. Les parents ont fini par envoyer leurs enfants ailleurs », explique-t-il.

Une vue du villange Dienga © GMT

Cette situation a provoqué un véritable exode scolaire. Les familles sont désormais contraintes de confier leurs enfants à des proches installés dans d’autres localités afin qu’ils puissent poursuivre leur scolarité. « Les parents sont obligés de les envoyer vivre ailleurs. J’avais déjà attiré l’attention des responsables sur cette situation, mais jusqu’à aujourd’hui rien n’a changé », regrette le responsable communautaire.

Un dispensaire fermé depuis plus de dix ans

À cette crise de l’éducation s’ajoute celle de la santé. Le dispensaire de Dienga est fermé depuis plus de dix ans, après le départ à la retraite de son agent de santé, jamais remplacé. « Depuis que l’infirmier est parti à la retraite, le dispensaire ne fonctionne plus. Nous avons multiplié les démarches pour demander son remplacement, mais aucune suite n’a été donnée », déplore-t-il.

L’absence de structure sanitaire oblige désormais les habitants à parcourir plusieurs kilomètres pour accéder aux premiers soins, avec des conséquences parfois dramatiques pour les personnes vulnérables.

Le dépeuplement progressif du village en toile de fond

Pour les populations, la fermeture simultanée de l’école et du dispensaire accélère le déclin démographique de Dienga. Faute d’accès à l’éducation et aux soins de santé, de nombreuses familles choisissent de s’installer dans des centres plus importants.

Au-delà des bâtiments aujourd’hui envahis par la végétation, c’est toute la question de la présence des services publics dans les zones rurales qui est posée. À Dienga, comme dans plusieurs villages de la Boumi-Louetsi, les habitants espèrent que la relance des infrastructures éducatives et sanitaires permettra d’enrayer progressivement l’exode des populations et de redonner un avenir à ces communautés rurales.

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