Corbeilles de propreté : un luxe dans une capitale insalubre
Indiscipline, manque d’éducation, incivisme… Les qualificatifs ne manquent pas pour dénoncer les comportements de certains citoyens qui abandonnent leurs déchets à même le sol. Pourtant, à Libreville, la question de la salubrité urbaine ne peut être réduite à la seule responsabilité individuelle. Au fil des années, la capitale gabonaise s’est progressivement transformée en une vaste poubelle à ciel ouvert. Bouteilles en plastique, canettes, sachets et emballages jonchent les trottoirs, les espaces publics et les abords des routes. Du centre-ville aux quartiers périphériques, le constat reste le même. L’insalubrité gagne du terrain et finit par s’imposer dans le paysage quotidien des habitants.
Peut-on réellement exiger des comportements exemplaires lorsque les moyens les plus élémentaires pour jeter ses déchets sont inexistants ? Au-delà du civisme de chacun, la municipalité et les entreprises en charge de la collecte des ordures portent également une part de responsabilité. Dans le Grand Libreville, les corbeilles de propreté, pourtant présentes dans la plupart des villes du monde, demeurent quasiment introuvables. Leur absence prive les citoyens d’un outil essentiel pour adopter les bons réflexes et contribue à l’accumulation permanente des déchets dans l’espace public.
Des équipements absents du paysage urbain
Aux arrêts de bus, dans les lieux de passage ou les espaces de loisirs, le manque de corbeilles de propreté saute aux yeux. Entre le Carrefour Delta et le Collège Bigman, par exemple, aucun dispositif n’est prévu pour permettre aux usagers de se débarrasser de leurs déchets. Confrontés au choix de conserver leurs détritus sur plusieurs kilomètres ou de les abandonner sur place, beaucoup optent malheureusement pour la seconde solution. À Awendjé, dans le cinquième arrondissement, le même constat s’impose à la Place Chambrier, fréquentée quotidiennement par de nombreux jeunes. Faute de corbeilles, bouteilles plastiques, canettes et emballages alimentaires s’accumulent progressivement jusqu’à envahir les espaces destinés à la détente et à la convivialité.
Même le centre-ville, censé refléter l’image de la capitale, n’échappe pas à cette réalité. Du PK12 à Awendjé, en passant par le Carrefour Delta, l’installation de simples corbeilles de propreté pourrait pourtant contribuer à modifier durablement les habitudes. Préserver une ville propre n’est pas seulement une affaire de civisme, c’est aussi une question d’organisation, d’anticipation et de volonté politique. Installer ces équipements, assurer leur entretien régulier, renforcer la sensibilisation des populations et garantir une collecte efficace constituent autant de mesures concrètes pour améliorer le cadre de vie. Libreville grandit, sa population augmente et ses besoins évoluent. La gestion des déchets doit suivre cette évolution, car une ville propre est l’affaire de tous, mais elle commence d’abord par l’engagement des pouvoirs publics.










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