Arrestation de Bilie-By-Nze : la CNR dénonce une dérive totalitaire
Libreville est en émoi depuis l’interpellation brutale, ce mercredi 15 avril 2026, de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze. Alors que le pouvoir évoque une affaire de droit commun, la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) dénonce une manœuvre politique visant à museler le principal opposant au régime.
Le climat politique gabonais s’est brusquement tendu hier soir. Aux alentours de 18 heures, Alain-Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) et figure de proue de l’opposition, a été interpellé devant son domicile par des agents de la Direction générale des Recherches (DGR).
Une arrestation dénoncée comme « arbitraire »
Dans un communiqué publié dans la foulée, la CNR et ses alliés n’ont pas mâché leurs mots. La coalition exprime son « étonnement et sa stupéfaction » face à ce qu’elle qualifie d’« enlèvement et de séquestration ». Selon le document signé par le Pr. Vincent Moulengui Boukosou, cette opération s’est déroulée « sans convocation préalable ni mandat d’arrêt ».
Pour ses soutiens, le motif réel ne fait aucun doute : il s’agit d’une « dérive autoritaire qui a pour but l’intimidation, l’étouffement de l’opinion contradictoire et le bâillonnement de l’opposition ».
Une affaire de 2008 remise au goût du jour ?
Si les autorités gardent officiellement le silence, des sources judiciaires évoquent une vieille affaire financière remontant à 2008. Il s’agirait d’une créance impayée de 5 millions de FCFA liée à la 9ème édition de la Fête des Cultures. Une explication qui peine à convaincre l’entourage de l’ancien Premier ministre, qui souligne que la responsabilité du paiement incombait au Trésor public et non à l’intéressé personnellement.
Un appel à l’opinion internationale
Face à cette situation, la CNR exige une « communication transparente sur les charges retenues » et la « libération immédiate » du leader de l’EPG. La coalition interpelle également la communauté internationale sur les « dérives totalitaires qui ont cours en ce moment au Gabon, mettant en péril les règles élémentaires et les principes basiques d’un État de droit ».
Alors que Bilie-By-Nze reste en garde à vue au Camp Roux, cette affaire pourrait bien devenir le point de rupture entre le régime actuel et une opposition de plus en plus vent debout contre les méthodes du pouvoir.









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