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Agriculture : Leyama appelle à des états généraux face aux échecs successifs

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L’ancien député de la Transition, Jean Valentin Leyama, a vivement critiqué, ce samedi 10 octobre 2026, les résultats des politiques agricoles successivement mises en œuvre au Gabon. Dans une publication sur sa page Facebook, l’homme politique s’interroge sur les obstacles persistants au développement du secteur, malgré les réformes, les financements et les initiatives engagés depuis la présidence d’Omar Bongo. Dénonçant également la conduite actuelle de la politique agricole, il appelle à l’organisation d’états généraux pour définir une feuille de route nationale.

Pourquoi le Gabon peine-t-il toujours à garantir sa sécurité alimentaire après plusieurs décennies de politiques publiques consacrées à l’agriculture ? C’est, en substance, la question soulevée par Jean Valentin Leyama dans une publication particulièrement critique à l’égard des gouvernements successifs. Alors que le développement de la production locale demeure un objectif régulièrement affiché par les autorités, l’ancien parlementaire met en cause l’efficacité des stratégies déployées et la continuité des politiques publiques. Son intervention relance un débat de fond sur les raisons pour lesquelles les ambitions agricoles du pays peinent à se traduire par une transformation durable de la production nationale.

Des décennies de réformes agricoles aux résultats contestés

Dans sa publication, Jean Valentin Leyama dresse un constat sévère de l’action publique dans le secteur agricole depuis l’époque d’Omar Bongo. « Qu’est-ce qui freine donc le développement du secteur agricole dans ce pays ? Depuis Omar Bongo. Que de réformes. Que de textes. Que de décisions. Que d’experts. Que de ministres. Que de bailleurs de fonds. Que de centaines de milliards engloutis. Et toujours pas de sécurité alimentaire », déplore-t-il. Par cette succession d’interpellations, l’ancien député entend souligner le décalage entre les moyens qu’il estime avoir été mobilisés et les résultats obtenus.

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Cette critique pose notamment la question de l’évaluation des programmes agricoles engagés au fil des années. Les changements d’orientations, la multiplication des structures d’encadrement et les interventions de partenaires financiers ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer les progrès accomplis. Encore faut-il apprécier leurs effets sur les superficies effectivement cultivées, les rendements, la transformation des produits, les revenus des exploitants et la disponibilité des denrées alimentaires. Si Jean Valentin Leyama évoque des centaines de milliards de FCFA dépensés, sa publication ne fournit toutefois ni inventaire des programmes concernés ni bilan financier permettant de vérifier ce montant.

La Ve République également mise en cause

L’ancien parlementaire ne limite pas ses observations aux administrations précédentes. Il adresse également une critique à la gouvernance actuelle du secteur agricole. « Et voici que la Ve République en rajoute avec son affligeant pilotage à vue », affirme-t-il. Une appréciation politique qui traduit ses réserves sur la cohérence des décisions prises depuis l’installation des nouvelles institutions. Elle intervient dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de renforcer la production nationale et de réduire la dépendance du pays à l’égard des importations alimentaires.

Pour autant, l’appréciation des politiques agricoles actuelles suppose de distinguer les objectifs annoncés, les dispositifs effectivement mis en œuvre et les résultats mesurables. Les initiatives destinées à développer les filières vivrières, l’élevage ou la transformation agroalimentaire doivent notamment être examinées au regard de leurs calendriers, de leurs financements et de leurs effets sur les producteurs. La critique de Jean Valentin Leyama soulève ainsi une interrogation plus large : comment assurer la continuité et l’efficacité des politiques agricoles lorsque les orientations institutionnelles évoluent, alors que les investissements productifs nécessitent généralement plusieurs années avant de produire leurs effets ?

Des états généraux pour repenser la politique agricole

Face à ce qu’il considère comme une succession d’échecs, Jean Valentin Leyama préconise l’ouverture d’une concertation nationale. « Organisez des états généraux, ouvrez largement les débats, il en sortira une feuille de route ! », recommande-t-il. Cette proposition vise à réunir les différents acteurs concernés afin d’identifier les obstacles structurels au développement agricole et de définir des priorités communes. Elle pourrait notamment associer les producteurs, les organisations professionnelles, les entreprises agroalimentaires, les chercheurs, les collectivités locales, les institutions publiques et les partenaires techniques et financiers.

Une telle démarche poserait cependant la question de sa traduction opérationnelle. L’organisation d’états généraux ne suffirait pas à garantir une amélioration de la production sans engagements financiers identifiés, responsabilités clairement réparties et mécanismes de suivi des résultats. L’accès au foncier, au crédit, aux intrants, aux infrastructures de stockage et aux circuits de commercialisation figure parmi les dimensions qu’une réflexion nationale pourrait examiner. Au-delà de la controverse politique, l’interpellation de Jean Valentin Leyama replace ainsi la sécurité alimentaire au centre du débat public gabonais, avec une exigence : passer de la multiplication des annonces à une évaluation rigoureuse des politiques agricoles et de leurs résultats.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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