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Suspension des exonérations fiscales : Jean Valentin Leyama dénonce une menace sur la sécurité des investissements

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La décision du gouvernement gabonais de suspendre les effets des conventions et décisions accordant des exonérations fiscales et douanières continue de susciter des réactions. Ce jeudi 10 septembre 2026, Jean Valentin Leyama est monté au créneau pour dénoncer une mesure qu’il considère comme contradictoire avec la politique d’attraction des investissements directs étrangers (IDE). Au-delà du manque à gagner fiscal invoqué par l’État, il pose la question de la sécurité juridique des conventions conclues avec les investisseurs et, plus largement, de la prévisibilité du climat des affaires au Gabon.

Dans une sortie intitulée « Mon coup de gueule : nouvelle suspension des exonérations fiscales ! », Jean Valentin Leyama ne conteste pas le droit de l’État de contrôler les avantages fiscaux consentis aux entreprises. Son grief porte essentiellement sur la méthode. Selon lui, les gouvernements précédents avaient déjà eu recours à la suspension des exonérations lorsqu’ils étaient confrontés à une contraction des recettes fiscales. Il estime que les autorités actuelles reproduisent aujourd’hui une pratique qui entretient l’incertitude pour les opérateurs économiques.

Des conventions et la question de la parole de l’État

Jean Valentin Leyama pointe surtout une contradiction entre la volonté affichée d’attirer les capitaux internationaux et la remise en cause, même temporaire, d’avantages préalablement négociés. « Vous parcourez le monde entier pour vendre la destination Gabon, rechercher les investissements directs étrangers », relève-t-il, avant de rappeler que certains investisseurs ont engagé des sommes considérables et créé des emplois en contrepartie, notamment, d’incitations fiscales formalisées dans des conventions.

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Pour l’auteur de la tribune, le problème devient celui de la prévisibilité de la décision publique. Dès lors qu’une convention engage l’État et prévoit des mécanismes de contrôle, il considère que ces derniers devraient être privilégiés avant toute suspension générale. « Au lieu d’appliquer lesdits mécanismes, vous suspendez unilatéralement les dispositions arrêtées d’accord parties, créant ainsi une incertitude là où on a besoin de stabilité », dénonce-t-il.

L’attractivité du Gabon en question

La critique dépasse toutefois le seul dossier des exonérations. Jean Valentin Leyama met en cause ce qu’il décrit comme une « instabilité du cadre institutionnel » ainsi que « l’immixtion permanente et intempestive des autorités dans le management des entreprises publiques et privées ». À ses yeux, ces pratiques peuvent constituer des obstacles à l’amélioration durable du climat des affaires.

Son raisonnement touche à une question déterminante pour l’économie gabonaise : comment concilier la nécessité de restaurer les recettes publiques avec celle de garantir aux investisseurs la stabilité des règles ? Les exonérations fiscales représentent certes un manque à gagner immédiat pour le Trésor lorsqu’elles sont accordées sans contreparties suffisantes. Mais lorsqu’elles résultent d’engagements contractuels destinés à favoriser des investissements, leur modification soulève également la question de la confiance placée dans la signature de l’État.

Contrôler les exonérations sans fragiliser la sécurité juridique

La décision gouvernementale intervient précisément dans le cadre d’un audit destiné à apprécier les contreparties associées aux exonérations. L’enjeu consiste donc à distinguer les avantages fiscaux effectivement justifiés par des investissements, des emplois ou des engagements économiques vérifiables de ceux qui auraient été accordés sans bénéfice suffisant pour les finances publiques. Cette exigence de contrôle n’est pas incompatible avec la sécurité juridique ; elle suppose toutefois que les mécanismes employés soient transparents et prévisibles.

Jean Valentin Leyama redoute, pour sa part, que l’instabilité perçue détourne les investisseurs sérieux vers des destinations concurrentes. Il cite notamment le Rwanda, le Maroc, Maurice, le Bénin et la Côte d’Ivoire avant de lancer, non sans ironie : « Vous avez décrété la transformation industrielle, non ? Continuez ! » Derrière la formule se trouve une interrogation plus fondamentale : dans la compétition africaine pour les capitaux, le Gabon ne sera pas seulement jugé sur les avantages qu’il promet aux investisseurs, mais également sur sa capacité à garantir dans la durée la stabilité, la lisibilité et la crédibilité de ses propres engagements.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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