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Affaire Sylvia et Nourredin Bongo : le Gabon active les leviers d’Interpol

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Selon plusieurs médias gabonais citant des sources proches de la coopération policière internationale, une notice rouge Interpol visant Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin aurait été validée et diffusée depuis le 6 mai 2026. Si cette information n’apparaît pas nécessairement sur le site public d’Interpol, elle intervient après leur condamnation par contumace à 20 ans de prison par la justice gabonaise, dans un dossier devenu hautement politique et diplomatique.

Le dossier Sylvia Bongo–Noureddin Bongo franchirait un nouveau cap. Après leur condamnation par contumace en novembre 2025 pour détournement de fonds publics, blanchiment, recel et association de malfaiteurs, les deux proches de l’ancien président Ali Bongo feraient désormais l’objet d’une notice rouge Interpol, selon des sources proches des circuits de coopération policière internationale relayées par plusieurs médias gabonais.

Une notice rouge n’est pas un mandat d’arrêt international automatique. Elle constitue une demande adressée aux polices des pays membres d’Interpol afin de localiser une personne recherchée et, le cas échéant, faciliter son arrestation provisoire dans l’attente d’une procédure d’extradition, selon le droit applicable dans chaque État.

Une procédure qui internationalise le dossier

Pour Libreville, cette étape, si elle est confirmée officiellement, signifierait que le dossier n’est plus seulement gabonais. Il entre dans les circuits de coopération policière internationale, avec des conséquences directes sur la liberté de circulation des personnes visées. La justice gabonaise avait déjà émis des mandats d’arrêt après la condamnation de Sylvia Bongo et Noureddin Bongo Valentin à 20 ans de réclusion criminelle, assortie d’amendes et de réparations civiles.

Cette séquence place également le parquet général de Libreville au centre du dispositif judiciaire. Elle donne au dossier une portée nouvelle, dans un contexte où les anciens proches du pouvoir Bongo dénoncent, de leur côté, une procédure politique et des conditions de détention contestées avant leur départ du Gabon.

Entre justice, politique et bataille d’image

L’affaire reste toutefois explosive. Le fait que la notice ne soit pas publiquement visible ne permet pas, à ce stade, d’en établir directement l’existence par une source Interpol ouverte. La prudence journalistique impose donc de parler d’une information rapportée par des sources proches de la coopération policière, et non d’un document officiellement publié.

Mais sur le plan politique, l’effet est déjà là. Pour les autorités gabonaises, il s’agit de montrer que les décisions de justice rendues à Libreville peuvent produire des effets au-delà des frontières nationales. Pour les soutiens de Sylvia Bongo et Noureddin Bongo, cette internationalisation risque au contraire d’être présentée comme une prolongation judiciaire d’un règlement politique post-30 août 2023.

Dans cette affaire, le Gabon joue donc sur deux tableaux : faire exécuter ses décisions de justice et convaincre que cette offensive relève du droit, non de la revanche politique. C’est sur cette ligne de crête que se jouera désormais la crédibilité internationale du dossier.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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