Mbigou-Nzenzélé : un pont impraticable condamne les populations de à Miyanga à parcourir 15 km à pied
Sur l’axe reliant Mbigou à Nzenzélé, dans le département de la Boumi-Louetsi, province de la Ngounié, les populations de Miyanga vivent depuis plusieurs années dans un enclavement particulièrement contraignant. En cause, l’état du pont sur la petite rivière Rororho, devenu impraticable pour les véhicules et coupant de fait la liaison routière vers plusieurs localités de la zone, notamment Douaï et Bangando. Pour rejoindre leurs villages, pratiquer la pêche ou la chasse, certains habitants doivent désormais parcourir jusqu’à 15 kilomètres à pied, selon le témoignage recueilli auprès de Dominique Pongui, habitant de Miyanga.
À quelques kilomètres seulement de Mbigou, chef-lieu départemental, la situation illustre les difficultés de mobilité auxquelles restent confrontées certaines populations rurales de la Boumi-Louetsi. Si le pont sur la Louetsi demeure, selon les habitants, praticable, celui de Rororho constitue aujourd’hui le principal obstacle à la circulation automobile. Une situation qui ne se résume plus à un problème d’infrastructure : elle affecte les déplacements, les activités économiques et l’accès aux secours, tout en accélérant progressivement le départ des habitants.
« Pendant trois ans, nous patientons »
« Jusque-là, les habitants ont déserté à cause du manque de routes et des mauvais ponts », témoigne Dominique Pongui. Selon lui, la traversée de la Louetsi reste possible, mais la situation change au niveau de Rororho. « Celui de la petite rivière Rororho, pas de circulation à cause de ce pont-là. Jusque-là, pendant trois ans, nous patientons », explique-t-il.
L’absence de liaison carrossable oblige ainsi les populations à revoir entièrement leurs déplacements. « Nous nous déplaçons du centre-ville pour le village, faire un peu de pêche, la chasse, à pied. Les allers comme les retours », poursuit l’habitant. Il estime à environ 15 kilomètres la distance que certains doivent parcourir pour rallier leur village, transformant chaque déplacement en véritable épreuve.
Malades et accidents, l’autre inquiétude
L’enclavement devient encore plus préoccupant lorsqu’une urgence survient. Interrogé sur l’évacuation des malades ou des victimes d’accidents, Dominique Pongui explique que cette difficulté aurait progressivement poussé une partie des habitants à quitter la zone. « C’est pour cette raison que même les gens ont déserté en cas de malades ou d’accidents », affirme-t-il.
L’impossibilité pour un véhicule d’accéder normalement aux localités concernées peut en effet compliquer considérablement une évacuation sanitaire. Dans un territoire rural où les distances constituent déjà un obstacle à l’accès aux services essentiels, la défaillance d’un seul ouvrage de franchissement suffit ainsi à isoler davantage des communautés entières.
Un enclavement qui nourrit l’exode rural
Selon Dominique Pongui, certains habitants continuent malgré tout de maintenir leurs maisons et leurs activités au village. Mais d’autres auraient progressivement choisi de partir. « Ils commencent déjà à sortir un à un », constate-t-il, établissant directement un lien entre l’état de la route et l’exode rural observé dans la zone.
La situation de Miyanga pose ainsi une question plus large sur le désenclavement de la Boumi-Louetsi. Après trois années d’attente évoquées par les habitants, la réhabilitation du pont de Rororho apparaît désormais comme une nécessité dépassant la seule circulation automobile. Pour les populations concernées, restaurer cet ouvrage reviendrait surtout à retrouver un accès normal aux villages, aux activités économiques et, en cas d’urgence, aux services dont peut dépendre une vie.










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