Littérature : François Mavillos signe une plongée entre mythes et modernité avec «Adyayéno : si on ne le voit pas»
Paru le 1er juillet 2026 aux Éditions Jets d’encre, «Adyayéno : si on ne le voit pas» de François Mavillos s’impose comme un polar haletant et singulier. Naviguant entre thriller fantastique et roman policier africain à travers ses 174 pages, ce troisième volet propose une traque à étages redoutable où le prédateur bascule peu à peu au rang de gibier. Porté par une silhouette fantomatique et insaisissable, le récit plonge immédiatement le lecteur dans une atmosphère où la rationalité vacille face à l’invisible.
C’est pour donner toute sa profondeur à cette tension psychologique que l’écrivain s’implique au plus près de ses personnages, adoptant une démarche d’écriture viscérale. « J’essaie dans mes romans de me mettre à la place de chaque personnage, imaginant ce qu’il ressent, ce qu’il voudrait dire ou faire dans chaque situation. Je vis chacun d’entre eux », confie l’auteur. Né de recherches approfondies sur les légendes gabonaises, Adyayéno, appellation myénè, illustre sa volonté de présenter le pays sous toutes ses facettes. Il s’agit de souligner « la vivacité des croyances, des traditions et légendes malgré plus d’un siècle d’évangélisation et de colonisation », rappelant que l’Africain, « au fond de lui-même, ne change pas, il s’adapte ».
Entre crimes rituels et lucidité géopolitique
Au-delà du fantastique, le roman ancre son intrigue dans des réalités sociales brûlantes. Déjà abordé dans son premier roman Les disparus de Libreville, le phénomène des crimes rituels liés au capitalisme moderne revient en toile de fond. L’auteur assume ce choix nécessaire. En effet, « je voulais encore parler de ce phénomène présent dans notre réalité quotidienne et contre lequel peu de voix s’élèvent », a-t-il déclaré. Évitant le piège du sensationnalisme, il tisse en parallèle une fresque géopolitique subtile, incarnée par le couple formé par la capitaine Sylvie Nguema et l’ancien de la DGSE Le Morel.
Une franco-gabonaise que François Mavillos résume avec beaucoup de lucidité et de tact. Il assimilé ainsi cette histoire entre les deux personnages à celle d’ « un vieux couple dont la relation oscille entre amour et haine ». Également porté par la quête de rédemption de la nganga Azilé, reste œuvre livre un message humaniste saisissant et aussi bien marquant. Au terme de cette lecture dans les yeux de François Mavillos. espère que l’on retiendra que « ce continent et ce peuple sont magnifiques », que « l’inexplicable existe », et surtout « que rien de notre histoire ne doit nous empêcher de construire ». Une évasion littéraire aussi nécessaire que percutante, à laquelle les passionnés de lectures sont attendus.









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