Libreville : l’incivisme chronique qui défie l’autorité et enlaidit la capitale
Malgré les campagnes d’assainissement et les injonctions publiques, les actes d’incivilité persistent dans plusieurs quartiers de Libreville. Dépôts sauvages d’ordures, murs transformés en latrines, terrains privés convertis en dépotoirs : le phénomène prend de l’ampleur et interroge l’efficacité des dispositifs de sensibilisation.
Dans de nombreux quartiers du Grand Libreville, les pancartes fleurissent aux abords des routes, des terrains vacants et des habitations. « Interdit de jeter les ordures », « Défense d’uriner sous peine de poursuites judiciaires ». Des messages clairs, visibles, explicites. Pourtant, sur le terrain, la réalité est tout autre. Selon des constats rapportés par l’Agence gabonaise de presse, les pratiques inciviques continuent de ternir l’image de la capitale, malgré les efforts consentis par les pouvoirs publics pour lutter contre l’insalubrité.
Des quartiers transformés en dépotoirs à ciel ouvert
Au PK9, comme dans d’autres zones périphériques, les témoignages convergent. « Dans ce quartier, personne ne respecte ces avertissements. Ils déposent des ordures et s’en vont comme si mon terrain était une poubelle », déplore un propriétaire excédé. Le phénomène ne se limite pas aux terrains vacants. Des espaces privés sont régulièrement transformés en dépotoirs à ciel ouvert. Des tas d’ordures s’accumulent au pied des habitations, le long des clôtures ou en bordure de route. Les maisons situées sur les grands axes deviennent des cibles privilégiées.
Plus grave encore, certains individus utilisent les murs des maisons comme des latrines publiques. Une pratique que les riverains qualifient d’humiliante et profondément irrespectueuse. « Mes murs ne sont pas des latrines publiques », s’indigne une victime, évoquant le triste « relooking » que subissent régulièrement les façades.
Un problème de santé publique et d’image urbaine
Au-delà de l’atteinte à la propriété privée, ces comportements posent un véritable enjeu sanitaire. Les dépôts sauvages favorisent la prolifération de nuisibles, les odeurs nauséabondes et les risques d’infections. Dans une capitale qui aspire à moderniser son image, ces scènes renvoient une impression d’abandon et de désordre. Ces actes traduisent surtout un déficit persistant de civisme. Car si l’État peut multiplier les opérations d’assainissement, il ne peut se substituer à la responsabilité individuelle.
La multiplication des panneaux d’interdiction montre que la sensibilisation a ses limites. La question se pose désormais avec acuité : faut-il renforcer les sanctions ? Les poursuites judiciaires annoncées sur les pancartes sont-elles réellement appliquées ? Dans une ville confrontée à des défis d’urbanisation rapide, l’incivisme quotidien apparaît comme un obstacle majeur à l’amélioration du cadre de vie. Car une capitale ne se construit pas uniquement par des infrastructures, mais aussi par le comportement de ses habitants.
À Libreville, l’assainissement ne dépend pas seulement des balayeuses municipales. Il commence par un geste simple : respecter l’espace commun.










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