Gabon : seulement 60 vétérinaires pour porter la souveraineté alimentaire
Le Gabon s’est lancé un défi de taille : atteindre une plus grande souveraineté alimentaire d’ici 2027. Pour y parvenir, le gouvernement mise massivement sur le développement de l’aviculture, de l’élevage bovin et de l’aquaculture. Cependant, cette ambition nationale se heurte aujourd’hui à un obstacle de taille : une pénurie critique de médecins vétérinaires à travers le pays.
À l’heure actuelle, le Gabon ne compte qu’une soixantaine de professionnels en activité, alors que les besoins réels du secteur sont estimés à plus de 250 spécialistes. Ce déficit alarmant fragilise la surveillance sanitaire du cheptel national et expose directement les filières d’élevage à des risques d’épidémies animales dévastatrices. Sans un contrôle médical rigoureux, les investissements massifs consentis pour développer la production locale de viande et de poisson risquent d’être freinés par des crises sanitaires imprévues.
Conscientes que la sécurité sanitaire est le pilier de l’indépendance alimentaire, les autorités gabonaises ont décidé d’amorcer une profonde restructuration de la profession. Ce plan de sauvetage repose sur la modernisation du cadre juridique de la médecine animale et sur la mise en place d’une politique de formation ambitieuse pour faire émerger une nouvelle génération de praticiens.
L’USTM au cœur de la riposte nationale
C’est dans ce contexte stratégique que s’inscrit une annonce majeure pour le monde universitaire et agricole gabonais. Pour résoudre durablement cette crise des vocations et cesser de dépendre de l’expertise extérieure, le pays s’apprête à former ses propres spécialistes sur son sol. Le projet d’ouverture prochaine d’une école vétérinaire, couplée à une faculté de médecine, au sein de l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) à Franceville, marque un tournant historique.
Cette future grande école aura pour mission principale de doter le pays de cadres compétents, capables de sécuriser durablement la production locale. En créant cette filière d’excellence à l’USTM, l’État gabonais apporte une réponse concrète et locale à un besoin urgent.
La bataille pour la réduction de la dépendance alimentaire ne se jouera pas seulement dans les fermes et les bassins d’élevage, mais aussi dans les laboratoires et les amphithéâtres de Masuku.










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